Suivre notre actualité sur :
      
  • Bienvenue

    A l'origine de Scriptoblog, il y a une conviction : pour nous, la littérature doit parler de la vie et pas de la morale, sauf quand la morale sert la vie. Nous refusons les visions désincarnées, les idéaux ne nous parlent que s'ils parlent du réel. Toutes les rêveries du monde ne remplaceront pas une paire de bottes par temps de neige ou un gilet pare-balles en temps de guerre.
  • Hongbing Song

    Hongbing Song déroule l'histoire de la grande cabale monétaire qui a façonné le monde depuis plus de deux cents ans, de la constitution de la dynastie des Rothschild à la fin du 18e siècle jusqu'à la crise de 2008 mais aussi qu'une guerre redoutable livrée dans les coulisses du pouvoir, suivant un axe Londres/Wall Street, tentait d'établir coûte que coûte un nouvel ordre mondial au profit d une oligarchie financière sans foi ni loi. En mars 2013, la Chine s'annonçait prête à riposter en cas de... guerre des monnaies !
  • James Kunstler

    Avec une grande clairvoyance et une vision pragmatique du monde, Kunstler soutient que le temps de la pensée magique et de l’attente de miracles est révolu et que le temps est venu de commencer à se préparer à une très longue crise…
  • Pierre Hillard

    Depuis plus de quinze ans, Pierre Hillard étudie l’idéologie mondialiste. Il en a identifié les origines, les acteurs et les objectifs. Fort de cette expertise unique, il « décode » l’actualité dans une série de chroniques où la grille d’analyse qu’il a forgée permet de démontrer la progression implacable, dans les faits et au quotidien du projet mondialiste.
  • Stuart Ewen

    Stuart Ewen retrace ici l’origine de ce que Guy Debord nomma "le Spectacle", premier allié du productivisme industriel dans la guerre culturelle menée pour l’expansion du modèle de société américain et dont l'iconographie fondée sur l’exhibition de corps jeunes, féminins et plutôt dévêtus a entièrement colonisé les médias et les imaginaires…
  • Piero San Giorgio

    Piero San Giorgio relate le témoignage de femmes qui ont toutes fait le choix de rester libres, autonomes et indépendantes, afin de faire du XXIe siècle un âge enfin adulte et intelligent pour les femmes, les hommes et leurs familles.
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Publication de G5G

g5g_gdDans un monde globalisé, déshumanisé, mécanisé, choisir le parti de l'homme, c'est préparer la révolution !


Coécrit par S Ayoub, M Drac et M Thibaud, G5G (la guerre de cinquième génération) est un manuel de combat, un manuel du résistant, un manuel pour tous ceux qui s’opposent à la mécanique économique et idéologique du « système totalitaire marchand ».

Ce livre démontre que le combat engagé contre le mondialisme, idéologie conçue comme une machine à écraser les peuples et les âmes, transcende tous les clivages politiques obsolètes : c’est le combat de l'humanité toute entière.

Loin d'être un livre-catastrophe, G5G est, aussi, un message d'espoir.
Il existe une stratégie gagnante face au système totalitaire marchand.
La voici.

Attention, cet article n'est plus disponible.


 G5G : Le début
RÉSISTER

1. Rien n’est plus puissant qu’une idée qui vient à son heure. Et c’est une idée que nous amenons : G5G, la Guerre de Cinquième Génération.

Les militaires parlent de quatre générations de guerre : d’abord des masses armées de mousquets, puis la puissance de feu et la mitrailleuse, ensuite la Blitzkrieg rendue possible par le moteur à explosion, et, enfin, depuis quelques décennies, la guerre de l’information.

Nous disons ici qu’une cinquième génération de guerre parvient à maturité. Et ici, nous produisons l’arsenal conceptuel de cette guerre depuis longtemps latente, aujourd’hui avérée. En ce sens, notre « déclaration de guerre » ne signifie pas que nous déclarons la guerre. Notre déclaration de guerre signifie que nous rendons visible une guerre jusqu’ici cachée.

Nous déclarons que la guerre a été déclarée.

La guerre dont nous parlons, la G5G, est la guerre du Système contre l’Humanité.  C’est la guerre entre deux principes : le Machinal et le Vivant. C’est la guerre ramenée à son essence parfaite.

Ce que nous voulons construire par ce livre, c’est l’armure de l’Humanité.

Quand nous dirons « nous », ce « nous » ne désignera pas les rédacteurs de ce texte – lesquels sont parfaitement insignifiants. Ce « nous » désignera ceux qui auront lu ce texte, l’auront compris, et l’auront approuvé. Ce « nous » désignera l’Humanité en guerre contre le Système – le sommet du Vivant, contre le sommet du Machinal.

Ce « nous » vous désignera.

2. Toute l’histoire du XX° siècle est à réécrire. Il ne s’agit pas des évènements. Il s’agit du point de vue à adopter, si l’on veut en comprendre la logique profonde.

Aucune nation, pendant ce siècle, n’a réellement fait la guerre à une autre nation. Dans les tranchées de Verdun, ce ne sont pas des canons allemands qui ont tué des soldats français. Ce sont les canons de la Haute Finance qui ont tué des hommes. La Haute Finance a financé les deux camps pendant la Première Guerre Mondiale, puis pendant la Seconde Guerre Mondiale. La Wehrmacht roulait dans les camions de Ford France. Les bombardiers alliés ciblaient les réfugiés de Dresde, mais épargnaient les usines SKF de la Ruhr, parce que SKF était une filiale du groupe américain ITT.

La première moitié du XX° siècle a vu la destruction de l’Europe par la Haute Finance. Français, Allemands, Russes, Italiens, Anglais, etc. : manipulés pour se détruire mutuellement.

La seconde moitié du XX° siècle n’a pas été marquée par la décolonisation, mais par la guerre de la Haute Finance contre les machines d’État colonialistes, devenues inutiles de son point de vue. Il n’y a jamais eu de décolonisation. Une colonisation financière, médiatique et secrète a remplacé une colonisation politique, administrative et visible. En Algérie, les combattants du FLN n’ont pas réellement affronté les soldats français. Algériens et Français sont morts pour que le pétrole du Sahara reste propriété de la Haute Finance. En Afrique Noire, les administrateurs coloniaux ont été remplacés par de nouveaux rois nègres, plus méprisables encore que leurs devanciers. Un président africain est un employé de la Haute Finance. Tout comme, d’ailleurs, un président européen.

Il n’y a jamais eu guerre froide, parce qu’il n’y a jamais eu de choc des idéologies. La Haute Finance a financé l’URSS tant qu’elle en a eu besoin pour justifier le développement du complexe militaro-industriel américain. L’URSS est tombée quand la Haute Finance a cessé de la financer. La finalité du Goulag était de transformer les paysans russes en prolétariat aux ordres de la Haute Finance. Staline a été assassiné parce qu’il voulait, pour l’URSS, un destin réellement autonome à l’égard de la Haute Finance.

Le XXI° siècle reste à écrire. Il sera, très probablement, celui de l’émancipation du Système à l’égard de la Haute Finance – à son tour dépassée par le mouvement historique.

3. On a longtemps cru que le Système était la Haute Finance. Elle-même l’a pensé. Mais tout le monde s’est trompé. Le Système est plus grand que la Haute Finance. Elle n’en a été qu’une forme temporaire.

On nous parle d’économie libérale mondialisée. Pure fiction : la réalité, c’est le système totalitaire marchand mondial. La concentration du pouvoir est, dans l’économie mondialisée contemporaine, supérieure à celle observée historiquement dans les régimes totalitaires. La logique des cartels débouche progressivement sur le cartel global. L’économie s’est faite mécanique d’écrasement politique. La confusion est parfaite entre la fin et les moyens de la production. Mais derrière la rationalité financière, l’écrasement des peuples.

La Terre, la faune, la flore et l’humanité dans sa grande majorité : mises en coupes réglées. Une seule finalité : le profit, pour une infime minorité de possédants. Ils ont promis le Paradis sur terre et le Millenium, et pour cela, ils ont proclamé la fin de l’Histoire. Nous aurons l’Enfer global, parce que l’Histoire est tragique.

Le libéralisme politico-économique est une idéologie construite sur l’asservissement de la nature et de ses lois. Sa véritable finalité : construire un homme sans mémoire, issu de l’hybridation pathogène de la nature humaine avec une fausse culture, soumise aux seuls impératifs capitalistes et mondialistes.

L’homme enraciné est pourchassé. Il voit son identité, sa famille, ses traditions et ses religions bafouées, malmenées, détruites, atomisées. On veut faire de lui un être amnésique, déplacé, déporté, délocalisé, rendu mobile et flexible, enfin taillable et corvéable à merci sur la terre entière, d’un continent à l’autre, sans que plus rien ne distingue les climats, les peuples ou les pays. On nous parle d’immigration pour éviter le mot déportation. On nous parle de libre échange pour cacher la colonisation. On nous vante le citoyen du monde, mais on nous prépare le travailleur asservi, la bête de somme mondiale.

L’idéologie contemporaine n’est égalisatrice qu’en façade. Elle nivelle par le bas pour mieux séparer la masse de ses maîtres avides. Elle entraîne la paupérisation des travailleurs par l’écrasement des classes intermédiaires, tandis que les nantis, de moins en moins nombreux et de plus en plus riches, dominent toujours plus impitoyablement.

Il faut penser la lutte dans les termes contemporains, si l’on veut la mener correctement. Une surclasse ultra minoritaire et omnipotente s’oppose à une immense masse d’opprimés. La lutte des classes n’a disparu que dans la vision du monde promue par les médias du Capital. En réalité, la lutte des classes est devenue si intense qu’elle se confond avec la substance même de la société.

Et peu à peu, derrière le pouvoir de la Haute Finance, un monstre prend forme, qui va bientôt la rejeter comme un serpent quitte sa peau.

Ce monstre, c’est le Système.

Son cerveau, c’est l’intelligence émergente construite par l’alliance obscène des oligarchies, à l’échelle mondiale.

Son essence, c’est le Machinal contre le Vivant.

4. La G5G est la guerre de l’Humanité contre le Système.

Puisque la confusion est parfaite entre les moyens et les fins, il faut renverser le Système. Sens dessus-dessous.

L’homme n’est pas au service de l’économie. C’est l’économie qui est au service de l’homme. Le profit n’est pas le but de la production. Ce n’est que la traduction financière d’un parasitisme. L’interdépendance économique des États n’est pas créatrice de liberté pour les peuples. Elle s’oppose à leur indépendance.

Il est temps de remettre le monde à l’endroit. Il est temps de lui redonner un sens. Il faut redéfinir les fins, et remettre les moyens à leur service.

Le travailleur est le moteur de l’économie, par sa production, par ses contributions, et il est aussi sa finalité : le but du travail, c’est l’amélioration de la vie.

Non, ce système totalitaire marchand mondialisé ne sera pas le genre humain.

Non, un autre avenir n’est pas seulement possible. Il est surtout indispensable.

Et s’il n’est pas possible, alors il faut le rendre possible.

Nous appelons à la grève générale soutenable.

5. Le Machinal s’incarne dans le Système par la mécanique d’indifférenciation qui rend possible son principe : l’expansion illimitée.

Pour rendre soutenable la grève générale, nous énonçons les thèses suivantes :

Le capitalisme ne sera pas vaincu de l’intérieur, mais de l’extérieur.

Le Machinal ne sera pas détruit par la révolte de ses rouages, mais par la survie du Vivant.

La mécanique d’indifférenciation ne sera pas enrayée par l’indifférenciation des dominés, mais par le maintien de la diversité du Vivant hors du Machinal.

Oui, un autre monde existera.

Parce que nous allons le créer.

L’existence d’une autre économie, fondée sur des règles déterminées par et pour les acteurs productifs, constitue un pré-requis incontournable à la grève générale soutenable. Elle sera le support logistique de la grève générale soutenable.

On ne combattra pas l’adversaire en acceptant sa logique. Il faut au contraire lui imposer la nôtre. Contre l’économie vampire du capitalisme financier, parfaitement globalisée, donc totalement déracinée, nous devons construire une économie de production, totalement enracinée.

6. Le Machinal s’incarne dans le Système par la mécanique d’indifférenciation qui rend possible son principe : l’expansion illimitée. La promotion permanente du déracinement est une stratégie, visant à fabriquer des êtres qui, faute de s’inscrire dans un réseau de solidarités charnelles, oscilleront en permanence entre la soumission à la puissance et l’agressivité sans perspectives – avec une seule échappatoire : l’expansion, toujours plus loin. Le déracinement est un processus de réduction de l’humain au machinal.

Le Vivant, par opposition, s’incarne toujours dans des limites. Or, ce qui définit l’être limité, c’est l’enracinement.

Par enracinement, nous n’entendons pas l’enfermement dans une référence obsessive au passé. Nous entendons, à la manière de Simone Weil : la condition anthropologique fondamentale d’un ordre intelligible, qui garantit à tout homme le respect dû à son humanité. Il faut que l’homme soit enraciné pour qu’il ait conscience du réseau des obligations croisées, sans lesquelles les droits ne sont que belles paroles. Ce réseau, c’est la substance du Vivant, tel qu’il s’incarne dans  l’Humanité. Inscrit dans ce réseau, l’homme aime ses limites, parce qu’elles rendent possible la cohérence des droits et des devoirs.

Il faut repenser la société pour ré-enraciner l’homme, avant que le passé ne soit totalement détruit, avant que ne surgisse un déraciné radical, simple rouage du Machinal.

Donc, il faut que nos lois, nos normes, nos règles mettent les forces productives au service des finalités naturelles de l’organisation sociale : non le profit de quelques-uns, mais l’intérêt général ; non le principe désincarné d’expansion indéfinie  du Machinal, mais la défense du Vivant.

7. Ces lois, ces normes, ces règles qui structurent le Vivant, ne pourront jamais être construites à partir de la lutte des déracinés. Les structures sociales et mentales produites par le déracinement sont incompatibles avec le combat contre le Machinal. La révolte des déracinés ne peut que servir le Système, parce qu’elle s’inscrira nécessairement dans ses logiques.

Il faut, en lisière du Système, construire un espace où incuber d’autres structures sociales et mentales. A l’intérieur de cet espace autonomisé, il sera possible de reconstituer les structures de l’enracinement.

Il faut, pour porter ensuite la guerre à l’intérieur du Système, disposer d’abord d’une Base Autonome Durable à l’extérieur du Système. L’existence de cette base rendra possible, pour ceux qui pourront s’y replier, la conduite d’une grève générale soutenable : la grève de ceux qui n’attendent plus de salaire.

8. Nous utiliserons, dans le présent texte, le terme de « Fraction » pour décrire le produit de notre sécession.

Entendons-nous bien : la « Fraction » dont nous parlons ici n’est pas un groupe qui se couperait de l’humanité de manière définitive. C’est un groupe qui s’éloigne du Système pour reconstruire l’Humain hors du Système, avant de contre-attaquer. Notre objectif, en suscitant une humanité fractionnaire, temporairement opposée à l’humanité ordinaire, est d’incuber, dans l’humanité fractionnaire, les antidotes  qui, le moment venu, guérirons l’humanité ordinaire. La Fraction n’est pas une secte : c’est une dissidence.

La Fraction, au sens où nous l’entendons, ne s’oppose donc pas à la Nation. Elle n’est pas faite pour détruire la Nation, mais au contraire pour en conserver le principe. La Fraction, au sens où nous l’entendons, ne s’oppose pas davantage au Peuple. Elle est faite, au contraire, pour offrir au Peuple un refuge, qui lui permettra de rester le Peuple. La fracture ne se situe pas, en l’occurrence, à l’intérieur de la Nation ou du Peuple : elle crée la ligne de partage entre ce qui est la Nation, ce qui est le Peuple, et ce qui est le Système.

La Fraction est l’espace autonomisé à l’intérieur duquel nous organiserons le support matériel et mental du Vivant hors du Machinal, et donc la possibilité de la grève générale soutenable, pour une Humanité émancipée du Système.

9. La constitution de la Fraction est nécessaire. Elle est aussi possible, parce que le Système va spontanément y contribuer.

Le Système est actuellement en train d’entamer sa mue. Il abandonne la peau constituée par la Haute Finance au fur et à mesure qu’il secrète sa nouvelle forme : l’hyperclasse mondialisée, en cible totalement intégrée. Il n’est nul besoin, en l’occurrence, de commenter cette mutation. Les idéologues du Système l’ont annoncée et longuement explicitée. On lira, par exemple, les écrits de Jacques Attali.

Comme toute période de mutation, la période qui s’ouvre sera celle d’une crise majeure. Cette crise va provoquer une intensification très sensible des  luttes. Elle verra, en particulier, un accroissement de la destruction de valeur par les classes prédatrices, et donc une répression accrue sur les forces productives. L’interdépendance organisée va engendrer un phénomène d’exclusion croissante des acteurs privés de toute indépendance, et cependant incapables de s’inscrire dans les relations systémiques.

Cette accentuation de la violence sociale est une opportunité pour notre démarche. L’exclusion va rejeter hors du Système les individus et les groupes qui viendront peupler la Fraction. En l’occurrence, il suffit de créer le contenant. Le contenu viendra de lui-même, au fur et à mesure que le Système expulsera les forces productives en excès. A l’interdépendance organisée s’opposera une indépendance organique que l’incapacité du Système à inclure va spontanément promouvoir.

En excluant ce qu’il ne peut assimiler, le Système va nous nourrir.

10. Les classes dirigeantes du Système ne seront pas en mesure de prévenir cette tendance. La dynamique d’exclusion est devenue spontanée. Le Système va commencer à buter sur ses limites  géopolitiques, écologiques et financières. Sa crise va s’accompagner d’une période de chaos, dont l’ampleur et la date exacte restent inconnues, mais dont la survenue est désormais une certitude.

La mécanique d’exclusion ne prendra pas seulement, à l’avenir, la forme du chômage de masse. Même les salariés seront exclus – par la baisse des salaires réels, par le développement d’une insécurité galopante qui finira par les repousser hors des grandes métropoles, et finalement hors de la ville elle-même.

C’est pourquoi nous devons penser la Base Autonome Durable comme un espace de sécurité – voilà le bien qui, dans l’avenir proche, fera le plus défaut, voilà l’avantage concurrentiel que nous aurons contre le Système. Nous devons construire une économie de la robustesse, contre l’économie du rendement. Une économie physique de production tournée vers la définition de solutions stables et solides, contre l’économie financiarisée à outrance, virtualisée, uniquement préoccupée du profit.

Les hommes nous rejoindront, parce que ce sera leur intérêt. L’ordre naturel des choses parlera en notre faveur.

11. Fondamentalement, notre démarche est appuyée sur une certitude : le Vivant est supérieur au Machinal. C’est une forme d’organisation plus performante.

Les lois de la thermodynamique nous enseignent que l’entropie va croissante dans tout système isolé. Or, le Machinal est par essence un système isolé. S’il doit sans cesse s’étendre pour se maintenir, c’est précisément parce qu’il est isolé. C’est le seul moyen pour lui de contrebalancer le principe d’entropie. C’est aussi sa condamnation : devant s’étendre indéfiniment dans un cadre restreint, il finit obligatoirement par toucher ses limites.

Le Machinal contemporain, issu des révolutions industrielles successives, n’échappera pas à son destin inéluctable. Il finira par s’écrouler. Nous ne savons pas encore si ce sera sur le pic de l’extraction pétrolière ou sur une autre limitation, mais le Machinal s’écroulera. Tôt ou tard.

Par opposition, le Vivant n’est jamais un système isolé. C’est pourquoi il peut échanger avec son environnement, et c’est pourquoi il échappe au principe d’entropie. Par essence, il définit une forme d’organisation supérieure au Machinal. C’est pourquoi sa victoire est inéluctable : à long terme, c’est la vie qui gagne, parce qu’elle se régénère, parce qu’elle obéit, par delà la lutte, par delà le conflit, à l’universelle compulsion connective, loi nourricière de la Création.

Nous vaincrons, si nous restons vivants.

NOTRE GUERRE
LA BASE AUTONOME DURABLE

12. Publié en 1991, le petit livre de Hakim Bey intitulé TAZ, acronyme de Temporary Autonomus Zone, ou « Zone Autonome Temporaire », devait connaître un franc succès et devenir un texte de référence dans les milieux anarchistes, squatteurs, hackers, néo-hippies, altermondialistes et alternatifs en tous genres.

Ce texte de résistance au capitalisme global part du constat pleinement justifié selon lequel la mondialisation libérale nous aliène et nous dépossède de nous-mêmes et de nos vies. Contre cette dépossession, Hakim Bey propose une méthode de lutte, consistant à élaborer des Zones Autonomes Temporaires – autant de parcelles de vie arrachées au capitalisme, autant de zones existentielles où temporairement, les règles aliénantes du système de la consommation et du marché seraient suspendues.

Compact et portatif, ce concept de « TAZ » est bien commode. De la communauté rurale autogérée à l’instant de rêverie dans le métro, la TAZ constitue une bulle qui nous isole de l’ennemi.

13. Très bien. Mais n’y a-t-il pas un leurre dans le fait d’accepter que la résistance ne soit que temporaire ? Qui dit temporaire, dit de courte durée, donc précaire. Or, qui peut se contenter d’une autonomie précaire et quel en est l’intérêt ? La TAZ est une adaptation de la résistance au monde construit par l’ennemi. Mais c’est aussi une soumission non sue à ses logiques. La révolution en CDD ? Attention, piège.

Parfaitement conscient du caractère ambigu de la TAZ, Hakim Bey en a proposé rapidement une variante : la « Zone Autonome Permanente », la « PAZ ». Voilà qui nous satisfait davantage. Notre autonomie, donc notre souveraineté politique, nous la voulons durable et pérenne. Nous refusons d’avaliser le caractère instable, précaire, fugace, flexible, versatile et temporaire du vécu construit par le marché. Nous refusons la mobilité constante, parce qu’elle n’est pas dans notre nature. Le « bougisme », ce n’est pas pour nous. Le Système nous ordonne : « Bouge de là ! » Nous n’avons pas l’intention de lui donner satisfaction. « Bouge plutôt, toi ! » — voilà notre réponse.

Nous voulons de la stabilité. Nous voulons du long terme. Nous voulons, donc, de l’enracinement. Parce qu’il faut être stable pour faire bouger le camp d’en face. Parce qu’il faut agir sur le long terme pour le faire bouger jusqu’à ce qu’il tombe. Et parce qu’il faut avoir des racines pour se nourrir, et se nourrir pour être fort, et être fort pour vaincre. Nous voulons reconstruire de l’autonomie, mais aussi de la permanence. Nous voulons voir venir l’avenir, pour nous-mêmes et nos enfants. Nous voulons un fondement, un sol, un socle, une terre. Et mieux qu’une Zone, nous voulons une vraie Base Autonome Durable (BAD). Une base permanente. À ceux qui nous demandent d’être leurs nomades, voire leurs « infra-nomades », nous répondons : « Non. Vous n’êtes pas des nomades, vous êtes des vagabonds. Et nous, nous sommes la Ville. »

14. Notre devise : « Stabilité, souveraineté, pérennité. » Ou encore, « Enracinement, autonomie, permanence. » Le geste politique est fondateur d’une rigidité mentale et territoriale. Cette rigidité, nous la revendiquons. Elle veut dire : « Nous ne nous courbons pas, nous ne nous inclinons pas. »

Le geste fondateur de la politique est tout entier représenté dans le mythe de la création de Rome. Au moyen de sa charrue, Romulus trace dans le sol le sillon sacré, le pomerium, qui délimite la frontière de son territoire. L’espace où s’exercera sa souveraineté est dès lors matérialisé aux yeux de tous. La chose est visible, publique, il n’y a pas d’entourloupe : c’est une Res-publica.

Quand, par provocation, son frère Rémus décide malgré tout d’en transgresser l’intégrité en franchissant le sillon sans autorisation, Romulus est fondé à le tuer. Solution brutale, mais nécessaire. Tracer une frontière entre un dedans et un dehors, puis veiller coûte que coûte au respect de son intégrité ; définir une limite et se battre s’il le faut pour la faire respecter : c’est cela, la politique.

Définir et défendre avec intransigeance et rigidité les contours d’un espace de stabilité existentielle n’est pas agresser, opprimer, conquérir, mais au contraire refuser l’agression, l’oppression et la conquête. La défense des frontières territoriales et identitaires n’exclut en rien l’hospitalité, la curiosité et la solidarité. Mais hospitalité, curiosité et solidarité supposent, pour être effectives, qu’un lieu existe où l’on peut accueillir l’Étranger, qu’une frontière existe par-delà laquelle il faut aller pour être curieux. Et la solidarité ? Essayez donc de partager votre pain avec ceux qui n’en ont pas, quand vous-même en êtes dépourvu.

C’est ce réalisme que nos maîtres veulent nous désapprendre, en vantant une hospitalité sans frontière, une curiosité sans diversité, et un monde d’esclaves résignés. Eh bien ce réalisme, c’est a contrario ce que nous prônons.

15. Ce qui distingue un être vivant d’un objet inanimé, c’est la frontière primordiale définie par la peau entre une intériorité et une extériorité. L’objet inanimé a des contours, il n’a pas de peau. Cette frontière entre ce qui est l’organisme et ce qui ne l’est, voilà le fondement de la subjectivité, donc de la brique primordiale de toute intersubjectivité. Détruisez la peau, et il n’y a plus de contact. Détruisez la peau, et il n’y a plus de caresse. Détruisez la peau, et l’Autre n’existe plus.

Une simple bactérie est un sujet, qui défendra son intégrité contre les agressions extérieures. C’est cela qui la fait être : la défense. Quand la limite définie par l’épiderme est attaquée, c’est la vie même de la créature qui est menacée. La survie physique de la créature est strictement dépendante de l’immunité de ses frontières, corporelles et, par extension, territoriales.

Le territoire d’un être vivant fonctionne comme une extension nécessaire de son corps. Sans territoire défini, sans un espace où il peut s’enraciner et exercer sa souveraineté, un être vivant meurt. Le nomadisme, mode de vie apparemment déraciné, ne fait pas exception : il est nécessairement appuyé sur des bases fixes qui lui servent de relais, de jalons et de soutiens dans ses pérégrinations, et sans lesquelles il disparaît.

Renoncer à un enracinement identitaire et territorial, c’est tout bonnement renoncer à la vie. Et c’est exactement ce que le système veut nous imposer : quand un Jacques Attali parle des « infra-nomades » pour décrire le rôle qu’il veut nous confier, ce qu’il veut dire, c’est ceci : nous serons des nomades sans relais, sans jalons. Des nomades destinés à crever. Lui aura des relais, des jalons. Pas nous.

16. Eh bien, mauvaise nouvelle pour nos oligarques, nous n’avons pas l’intention de crever. Ce n’est pas dans nos projets. En revanche, qu’ils prennent bien garde à l’effet boomerang de leurs projets à eux.

L’élaboration d’une Base Autonome Durable suppose de fonder cette communauté vivante sur des valeurs, des valeurs qui défendent les besoins élémentaires des êtres vivants, à savoir de la stabilité, du long terme, et un vrai développement durable, économique et humain. Est-ce nous qui avons la berlue, quand nous observons que le souci « écologique » des serviteurs du système consiste à défendre les ressources nécessaires au fonctionnement de la machine, au lieu de commencer par défendre l’écologie humaine, l’écologie de l’humanité ?

Notre souci écologique dépasse le cadre strict de la protection de l’environnement, et déborde dans celui de la régulation des relations intersubjectives. Contre la formidable entreprise d’arraisonnement du monde rendue possible par une technique auto-justifiée, nous affirmons la nécessité d’une nouvelle esthétique.

Nous voulons parler des questions de morale, d’éthique, de respect de soi et d’autrui. S’extraire de la précarité généralisée pour mettre sur pied des Bases Autonomes Durables viables est impossible sans le respect de limites rigides, qui doivent être territoriales, nous l’avons dit, mais également revêtir un aspect plus immatériel. Comme l’observaient les Grecs, la civilisation repose pour l’essentiel sur le principe du Peiras, à savoir l’instauration de limites comportementales à ne pas transgresser. La barbarie advient quand la Cité tombe vers l’Apeiron, c’est-à-dire la démesure, l’absence de limites comportementales. La pensée politique de Platon ? Trouver la juste mesure à inculquer aux parties hiérarchisées du corps social, pour les amener à travailler ensemble, et dans le respect de chacun par tous, à l’édification commune de la Cité. Transposée dans un système capitaliste, où les rapports de classes sociales sont exacerbés, une vraie « politique de civilisation » consiste donc principalement à obliger les riches à respecter les pauvres. Notre écologie, ça commencera par là.

17. Nous ne rêvons pas d’une société sans classes et sans hiérarchie. Pour la simple et bonne raison qu’une société est un système nécessairement différencié. À partir d’un certain seuil démographique, dès lors qu’il y a multitude d’individus et de tâches complexes à accomplir, adviennent la spécialisation et la distinction des places et des rôles. Une hiérarchie formelle émerge comme structure de référence, sans laquelle le groupe se disloque. On peut s’en désoler. Mais on ne peut pas s’en échapper.

En revanche, les effets délétères d’une hiérarchie trop rigide peuvent et doivent être compensés dans la mesure du possible par le « roulement des tâches », par le fait que chacun, au travail manuel, intellectuel ou administratif, soit obligé de passer un certain temps à la place des autres. Nous voulons sortir l’individu du piège monadique où le capitalisme l’a progressivement enfermé, et pour cela, nous voulons que les individus vivent la vie des autres. D’abord parce que vivre la vie de l’autre, c’est le comprendre au plein sens du terme. Ensuite parce que savoir faire ce qui doit être fait nécessairement, c’est retrouver une capacité d’autonomie authentique. Nous refusons d’être des hommes-boulons. Nous voulons regarder notre monde et penser : « Mon frère est à mes côtés pour m’aider, et je suis assez fort pour l’aider, s’il défaille. » Proudhon disait qu’il n’y a pas de plus belle phrase que « Je me dévoue ». Nous sommes d’accord. Nous ne sommes pas pour l’égalité abstraite, nous sommes pour la solidarité concrète.

Phalanstère, kibboutz, communauté autogérée mais néanmoins fortement structurée par le respect de la Loi commune : appelez-ça comme vous voulez. C’est ce que nous ferons. À un système qui fabrique des classes sociales, et souvent des castes qui ne s’avouent pas telles, nous voulons substituer un système où l’homme, libre, responsable, solidaire, fait son environnement, au lieu d’être fait par lui. On nous dira : « D’autres ont essayé, et ils ont échoué. » Nous répondons : « C’est vrai, mais est-ce une raison pour ne pas essayer encore ? »

18. En somme, notre geste politique présentera deux moments.

Dans un premier temps, délimiter des zones d’intégrité morale et physique différenciées, zones identitaires qui se doivent respect mutuel. La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres ? Non, la liberté des uns commence avec celle des autres – à l’intérieur de la frontière.

« Les uns et les autres » : le pluriel ne trompe pas, car ces zones d’intégrité subjective sont toujours multiples. Là, dans un espace où la Loi sera la même pour tous parce qu’elle sera reconnue par tous, nous serons libres. D’autres zones émergeront ? Les bonnes frontières font les bonnes paix. La majorité préfèrera rester à l’intérieur du Système pour vivre son destin d’infra-nomades ? Grand bien fasse aux esclaves-nés d’être satisfaits de leur sort. Après tout, il serait pervers d’offrir la liberté à ceux qui ne peuvent rien en faire. Tout ce que nous voulons, c’est construire un espace à l’intérieur duquel notre Loi fera loi. Quant à l’espace extérieur, ce n’est pas notre affaire. Pas au début, du moins.

19. Dans un deuxième temps, coordonner ce multiple de sorte à en faire sortir un collectif organisé et solidaire. « Le tout est plus que la somme des parties » : nous allons redonner son vrai sens à la politique. Nous allons rechercher le Bien Commun. Appelez-ça le solidarisme, si vous voulez. En toute simplicité, c’est l’essence de la politique, ni plus ni moins. Nous voulons construire une structure, un ensemble cohérent de relations stabilisées entre des éléments hétérogènes.

Il n’y a pas de société humaine, il n’y a même pas de psychisme individuel, sans la référence à une structure mentale. Cette structure mentale est appuyée sur le système de valeurs du groupe, elle assure la cohésion du groupe en définissant sa culture, ses normes, son habitus, c’est-à-dire son code de communication habituel. La structure est toujours apprise par intériorisation de la culture ambiante, et du système de valeurs qu’elle véhicule. Eh bien nous, nous voulons construire une structure totalement indépendante de celle générée par le système marchand. Nous voulons que nos enfants intériorisent une structure totalement différente de celle imposée aux enfants des esclaves. Il ne faut pas s’y tromper : nous faisons sécession.

20. Que ce soit clair : nous n’entendons pas proposer une version alternative du glocal, ce concept-valise composé de « global » et de « local », inventé par les thuriféraires du système marchand pour faire croire que le localisme peut exister, dans le monde qu’ils veulent construire, autrement que comme une subdivision de la totalité indifférenciée. Le glocal est ce mode de contrôle social apparemment dialectique mais en réalité univoque, résumé dans l’adage « Diviser pour régner », qui consiste à fortifier le pouvoir d’en haut en renforçant le morcellement des pouvoirs d’en bas. Appliqué notamment dans l’Union Européenne, le glocal renforce l’emprise gestionnaire des tutelles de surplomb en fabriquant de la division, donc de l’impuissance, dans les structures autogestionnaires de niveau local et à taille humaine.

Nous ne sommes pas dupes de ces formulations communautaires apparemment soucieuses du respect des diversités identitaires. Qu’elles soient régionales, confessionnelles ou ethniques, leur but est avant tout de dresser des barrières d’incommunicabilité au sein des classes populaires afin de rendre leur organisation défensive et offensive impossible. Tel n’est pas notre projet. Nous ne sommes pas là pour rendre impossible l’union des rebelles. Et on le verra, peut-être, si un jour, ce que nous espérons, notre Base Autonome Durable devient une base de reconquête.

Nous proposons un universalisme enraciné. Nous ne sommes pas des « citoyens du monde » habitant un « village global ». Nous sommes issus de plusieurs nations, mais nous n’avons aucune envie de les quitter, de les fusionner, d’en supprimer les frontières. Nous venons de tous les horizons politiques, mais nous n’avons pas envie de renoncer à notre diversité d’opinion. Ce qui nous unit est au-delà de ces catégories. Nous avons compris que le pouvoir prend la forme d’une pyramide, que la question de la droite et de la gauche ne présente donc aucun sens puisque c’est le haut et le bas qu’il faut considérer

Nous avons compris qu’une nouvelle guerre commence, LA guerre décisive, celle que toutes les autres n’ont fait que préparer.

La Guerre de Cinquième Génération.

G5G.

La guerre de l’Humanité contre le Système.

Nous allons la faire.

Et nous allons la gagner.

Il faut être connecté pour poster.

Commentaires   

#1 Arminjon 17-06-2010 01:13
«Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres : gardez-vous d'être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin.» — Matthieu 24:6

Nos conseils de lecture

  • Essais
  • Romans
  • Nouvelles
  • Revues
image

Le conflit Israelo Palestinien

Jean François Goulon. 
Réf. : ISBN 978-2355120428
Prix : 15,00€
Commander

 
image

Le capitalisme, un génocide structurel

Gary Leech. 
Réf. : ISBN 978-2-35512-027-5
Prix : 19,00€
Commander

 
image

Manifeste pour briser les chaines de l'usure

Gottfried Feder. 
Réf. : ISBN 978-2355120459
Prix : 12,00€
Commander

image

Le 11 septembre n'a pas eu lieu

Collectif. 
Réf. : ISBN 978-2-35512-027-5
Prix : 19,00€
Commander

 
image

Eurocalypse

Le Collectif Solon. 
Réf. : ISBN 978-2355120114
Prix : 23,00€
Commander

 
image

Oliganarchy

Lucien Cerise. 
Réf. : ISBN 978-2355120503
Prix : 17,00€
Commander

 
image

Vendetta

Jeff Cornac. 
Réf. : ISBN 978-2355120282
Prix : 13,00€
Commander

image

Kriegspiel 2014

Laurent Schang. 
Réf. : ISBN 978-2355120282
Prix : 15,00€
Commander

 
image

Les Nouvelles scandaleuses

Maurice Gendre et Jef Carnac. 
Réf. : ISBN 978-2355120244
Prix : 12,00€
Commander

 

 

 

 
image

Perspectives Libres Numéro 1

Collectif. 
Réf. : ISBN 978-2-35512-035-0
Prix : 12,00€
Commander

 
image

Perspectives Libres Numéro 2

Collectif. 
Réf. : ISBN 978-2-35512-038-1
Prix : 12,00€
Commander

 
image

Rébellion Numéro 54

Collectif. 
Réf. : REB54
Prix : 4€
Commander



 

Identification

Activité Facebook