• Bienvenue

    A l'origine de Scriptoblog, il y a une conviction : pour nous, la littérature doit parler de la vie et pas de la morale, sauf quand la morale sert la vie. Nous refusons les visions désincarnées, les idéaux ne nous parlent que s'ils parlent du réel. Toutes les rêveries du monde ne remplaceront pas une paire de bottes par temps de neige ou un gilet pare-balles en temps de guerre.

  • Michel Drac

    « Nous approchons d’un moment critique dans l’histoire de notre pays. Pour la première fois depuis longtemps, il devient envisageable qu’en France, un gouvernement de rupture arrive aux affaires, dans quelques années. Dans ces conditions, nous devons changer de point de vue. Critiquer n’est plus suffisant : il faudra être capable de proposer quelque chose… »
  • Carroll Quigley

    Grâce aux travaux de cet universitaire américain, il est désormais possible de mieux connaître les arcanes de ce monde oligarchique opaque dont l’action a été déterminante pour le monde anglo-saxon et, par ricochet, pour la planète entière…
  • James Kunstler

    Avec une grande clairvoyance et une vision pragmatique du monde, Kunstler soutient que le temps de la pensée magique et de l’attente de miracles est révolu et que le temps est venu de commencer à se préparer à une très longue crise…
  • Jack Donovan

    Depuis un certain temps, la société occidentale a déclaré la guerre à la virilité : théorie du genre, féminisme, mondialisme, déracinement. Jack Donovan relève le défi. Il balaie l’échiquier d’un poing rageur. Son projet : détruire cette civilisation pour libérer les hommes afin qu’ils retrouvent leur vraie nature..
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Notes sur oeuvres

Equilibrium (Kurt Wimmer)

Equilibrium BaleQui n'a jamais rêvé de ne plus rien éprouver ? Plus de souffrance, plus de tristesse, plus d'inquiétude, plus d'angoisse ? Tout simplement vivre, sans affect ? C'est ce que propose le Prozium, drogue ô combien attirante. Oui mais voilà : en supprimant les affects « négatifs », le Prozium fait également disparaître joie, plaisir, amour, bonheur, colère, amusement. Toute émotion, tout sentiment disparaissent. Peut-on encore parler de « vivre », dès lors que notre cœur n'est plus qu'une horloge qui fait « tic-tac » ? Telle est l'interrogation qui servira de fil directeur à Equilibrium, de Kurt Wimmer, sorti en 2002.

Au sein de l'utopique (le terme est volontairement contestable) société de Libria, directement inspirée de 1984 de George Orwell, l'usage du Prozium est plus que toléré, il est imposé. Les émotions étant source de discorde et d'ambition, elles sont par conséquent à l'origine des guerres et des horreurs de l'histoire de l'humanité. Telle est, du moins, la doctrine du Père, à la tête de Libria. Certains individus refusent toutefois d'abandonner leur humanité et de s'injecter le produit. Ils sont qualifiés de Transgresseurs et traqués. John Preston (Christian Bale) et Errol Partridge (Sean Bean) sont deux Ecclésiastes, membres du Tetragrammaton, un organisme formé pour traquer les « déviants émotionnels » (les Transgresseurs) et les éliminer. Ils sont, pour ce faire, sur-entraînés et formés à l'art du Kata-armé, une méthode de combat à l'arme à feu qui anticipe la trajectoire des éventuelles ripostes tout en augmentant le pourcentage de tirs mortels. Leur rôle, outre l'élimination des Transgresseurs, est également de détruire les œuvres d'art, sources d'émotion. Je ne pense pas être le seul à avoir grimacé en voyant Preston ordonner à un scientifique, qui lui confirme qu'ils viennent de trouver la vraie Joconde, de la brûler sur le champ.

Après la pluie (Takashi Koizumi, Akira Kurosawa)

Apres la pluie 1999En 1999 était porté à l'écran le dernier scénario du maître Akira Kurosawa, réalisé par Takashi Koizumi. Loin des exubérances guerrières auxquelles Kurosawa nous avait habitués par certains de ses films, Après la pluie est une ode au calme et à la paix, à l'humanité et à l'entente. L'histoire se situe durant la période Kyôhô, qui s'étend de 1716 à 1735 (sous le shogunat de Tokugawa Yoshimune), au Japon.

 L'œuvre débute sur une pluie torrentielle, d'une incroyable intensité. Apparaît alors un rônin, protégé par un parapluie en piteux état, qui se dirige vers la rivière, où il entend les passeurs se désoler du temps : la traversée sera en effet impossible pour encore plusieurs jours. Sans doute dépité mais impassible, le rônin fait demi-tour et retourne à l'auberge, annoncer la nouvelle à sa femme. Misawa Ihei, en effet, parcourt le Japon accompagné de sa femme Tayo, passant de fief en fief. C'est sur ces quelques jours d'attente que va se dérouler l'histoire, centrée sur l'atypique rônin. Atypique, Misawa Ihei l'est sans doute possible. Loin de dégager cette aura d'assurance ou de violence, voire d'agressivité, qui peut se constater chez les guerriers, il est au contraire placide, discret, et n'est jamais avare de sourire ou de gentillesse. Il n'hésite pas à communiquer avec les autres clients de l'auberge, eux aussi coincés par la pluie. Paysans, marchands, prostituées, jeunes, vieux, ceux-ci sont divers et variés ; Misawa n'affiche pour autant pas ce mépris caractéristique des Samuraï, caste supérieure, qui ne s'avilissent pas au contact du bas-peuple. Bien au contraire, il crée – ou plutôt, a créé – ces liens humains qui faisaient tant défaut d'une classe à l'autre au Japon féodal.  Son épouse, effacée, reste pour sa part cloîtrée dans leur chambre à l'auberge : les femmes de la noblesse restaient traditionnellement en retrait de leur mari. La promiscuité forcée par le climat pourrait, dans d'autres longs-métrages, être source de tension ; tel n'est pas le cas ici – excepté un accrochage rapide entre deux pensionnaires – grâce à la bonne humeur tant de Misawa que des autres. Attristé de les entendre se plaindre de la pluie qui, malgré tout, les empêche d'avancer dans leurs voyages respectifs, le rônin décide de s'absenter.

L'Évangile selon Saint Matthieu de Pasolini (VOSTEN)

Physiologie de la conversion religieuse et politique (William Sargant)

mkultraUne traduction bien neutre, au regard du titre original : Battle for the mind. A Physiology of Conversion and Brain-Washing. Qui est William Sargant ? Grand partisan de la lobotomie et des électrochocs, le type travailla sur le projet MK-ULTRA de la CIA, le tristement célèbre programme de contrôle mental et de lavage de cerveau. Pour les flemmards ou les cinéphiles, voyez Un crime dans la tête (The Mandchourian candidate) de Jonathan Demme, avec Denzel Washington. MK-ULTRA fut (est) associé au programme Bluebird, pensé par l’institut Tavistock afin de perfectionner lesdites techniques de contrôle mental. Sargant opéra comme consultant du MI-5 britannique et conseilla par ailleurs le fêlé Ewen Cameron. Ce dernier travailla au MK-ULTRA et se spécialisa dans l’ « induction psychique » : des séances de privation sensorielle drastiques (notamment par l’usage de drogues), afin d’effacer la conscience puis d’en graver une nouvelle. Le même Cameron offrit ses lettres de noblesse à la doctrine dite « choc et effroi » (shock and awe), résumée dans Neuro-Esclaves : « Les meilleurs cas d’application de la doctrine du choc sont typiquement les cas belliqueux, c’est-à-dire des événements plus ou moins réels, plus ou moins provoqués, plus ou moins dramatisés afin de mettre les populations dans un esprit d’acceptation. » Un homme bien sous tous rapports donc. Pour revenir à William Sargant, l’auteur du présent essai, il s’est attaché ici à analyser les méthodes de conversion rapide des masses, leur ralliement à une religion ou une doctrine politique. Le bouquin date de 1957, il ne tient donc pas compte des dernières découvertes relatives aux neurosciences et au cognitivisme, mais il expose des éléments physiologiques. Le tout, réalisé « grâce à la fondation Rockefeller », dixit Sargant.

America is not the greatest country in the world

 " Extrait tiré de la série télévisée américaine The Newsroom diffusée sur HBO et créée par Aaron Sorkin, scénariste de The social network de David Fincher et de Le stratège de Bennett Miller. "

 

Nick Cave et le 7ème art

Nick Cave and the Bad Seeds - extrait du film Les Ailes du désir de Wim Wenders

 

 Nick Cave All things beautiful - thème composé pour le magnifique western de Andrew Dominik L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. A noter que de nombreux morceaux de la bande originale de ce long-métrage assurée par le Bad Seeds en chef et Warren Ellis sont disponibles sur Youtube.

Pour les plus curieux, prêter une oreille également très attentive à la BO Des hommes sans loi de John Hillcoat, là encore un travail des deux compères. Cave a également co-écrit le scénario de cette oeuvre pour le moins singulière dans l'univers du genre "drame-gangster".