• Bienvenue

    A l'origine de Scriptoblog, il y a une conviction : pour nous, la littérature doit parler de la vie et pas de la morale, sauf quand la morale sert la vie. Nous refusons les visions désincarnées, les idéaux ne nous parlent que s'ils parlent du réel. Toutes les rêveries du monde ne remplaceront pas une paire de bottes par temps de neige ou un gilet pare-balles en temps de guerre.

  • Michel Drac

    « Nous approchons d’un moment critique dans l’histoire de notre pays. Pour la première fois depuis longtemps, il devient envisageable qu’en France, un gouvernement de rupture arrive aux affaires, dans quelques années. Dans ces conditions, nous devons changer de point de vue. Critiquer n’est plus suffisant : il faudra être capable de proposer quelque chose… »
  • Carroll Quigley

    Grâce aux travaux de cet universitaire américain, il est désormais possible de mieux connaître les arcanes de ce monde oligarchique opaque dont l’action a été déterminante pour le monde anglo-saxon et, par ricochet, pour la planète entière…
  • James Kunstler

    Avec une grande clairvoyance et une vision pragmatique du monde, Kunstler soutient que le temps de la pensée magique et de l’attente de miracles est révolu et que le temps est venu de commencer à se préparer à une très longue crise…
  • Jack Donovan

    Depuis un certain temps, la société occidentale a déclaré la guerre à la virilité : théorie du genre, féminisme, mondialisme, déracinement. Jack Donovan relève le défi. Il balaie l’échiquier d’un poing rageur. Son projet : détruire cette civilisation pour libérer les hommes afin qu’ils retrouvent leur vraie nature..
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Notes sur oeuvres

La Banque (M. Roche)

dollar brule

Goldman Sachs. Pour Marc Roche, c’est LA Banque par excellence, l’incarnation du pouvoir financier. Et on ne s’en étonnera pas quand on saura que son bouquin s’ouvre sur le récit de sa rencontre avec un monsieur David de Rothschild, grand baron de la City et « informateur » pour ce livre sur Goldman Sachs.

Ainsi, si nous avons, enfin, un livre sur Goldman Sachs, c’est parce que les Rothschild ont décidé que c’était le moment ! Soyons reconnaissant à Marc Roche de nous en avertir, avec tact mais aussi avec clarté, d’entrée de jeu.

Bref. Ouvrons l’objet, et disséquons-le. On n’y trouvera évidemment pas toute l’information. Mais on en trouvera une partie. Et peut-être une partie juste assez grande pour en déduire le reste.

Le président des riches (M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot)

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Spécialiste de la haute bourgeoisie, Michel Pinçon, aidé par sa femme, Monique Pinçon-Charlot, a rédigé une « enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy ».

Il est difficile de résumer cet ouvrage, collection d’anecdotes révélatrices. Forcément, la note de lecture ci-dessous ne peut que transcrire les très grandes lignes, exprimer la sensation générale du lecteur. Mais ne serait-ce que pour donner envie de lire ce livre, cela vaut la peine de le commenter.

C’est un sujet d’actualité, ô combien. Non que Nicolas Sarkozy en lui-même soit important. Mais parce qu’il représente quelque chose, sa présence à l’Elysée signifie quelque chose : elle veut dire que les « élites » de notre pays sont devenues les ennemies de leur propre peuple.

Nous sommes passés de la lutte des classes à la guerre des classes. La lutte, c’était tant que les classes supérieures avaient besoin des classes inférieures. Maintenant, elles n’en ont plus besoin, et c’est la guerre.  Dans cette guerre, pour l’instant, ce sont les riches, les très riches, qui gagnent.

Voilà le décor planté, le personnage principal peut apparaître…

De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes (B. Constant)

constant

« Le but des Anciens était le partage du pouvoir social entre tous les citoyens d’une même patrie. C’était là ce qu’ils nommaient liberté. Le but des Modernes est la sécurité dans les jouissances privées ; et ils nomment liberté les garanties accordées par les institutions à ces jouissances. »

Les conséquences désastreuses du tournant de la mondialisation néolibérale des années 60-70, et de la logique générale qu’elle a structurée, sont chaque jour plus manifestes : atomisation du lien social – tribalisation diront certains – passage de l’idée de Nation à celle de société « figée dans le présent » (pour reprendre l’analyse de Finkielkraut), pression sur les bas salaires, violence des sociétés multiculturelles, guerre à la fois larvée et patente de tous contre tous, la liste est interminable.

D’où l’intérêt d’un coup d’œil sur le passé, et de revenir aux sources du discours libéral, ainsi qu’à ses conditions d’émergence.

Résumé ici d’un petit texte « culte », écrit par l’un des premiers penseurs libéraux, Benjamin Constant, et daté de 1819, dans un pays marqué à la fois par la Révolution Française et la Restauration de 1815. Nous n’en comprendrons que mieux l’avènement de ce que Michéa a appelé un modèle anthropologique nouveau.

Les services secrets chinois (R. Faligot)

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Un des avantages d’être une colonie de l’Empire OTAN, c’est qu’on peut s’attendre à avoir une information un peu moins mauvaise sur l’Empire Chinois. Un peu moins mauvaise, en tout cas, que si l’on était… chinois.

Ce n’est certes pas demain la veille qu’on verra paraître en France, dans les grandes librairies, un ouvrage aussi approfondi que « Les services secrets chinois », mais consacré, celui-là, par exemple à l’action du MOSSAD en France, ou au verrouillage de l’appareil d’Etat US par les réseaux de la CIA (ne parlons pas de l’action de la DCRI ou de la DGSE).

Et on ne s’en étonnera pas…

Cela dit, ce constat amère n’enlève rien à la nécessité de se documenter. « Les services secrets chinois » de Roger Faligot fait partie de cette rafale de livres qui viennent d’atterrir dans nos librairies pour nous informer que, ô surprise, le véritable adversaire de l’Occident, à l’échelle géostratégique, n’est pas constitué par une bande d’improbables djihadistes explosifs, mais par l’autre superpuissance économique, à savoir la Chine. On fera donc le tri entre ce qui relève de la propagande anti-chinoise et ce qui relève de l’information, on se préoccupera surtout des évènements récents, on zappera l’histoire des services chinois sous Mao, et c’est parti pour une note de lecture !

Le salut par les Juifs (L. Bloy)

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« Le salut par les Juifs » est une des œuvres les plus importantes de Bloy. Elle définit une attitude catholique d’hostilité raisonnée face au phénomène juif. Il n’est question ici ni d’antisémitisme au sens vulgaire du terme, ni de philosémitisme : Bloy réfute radicalement Drumont, mais on sait ce qu’il pensait de Zola. Il est question d’une compréhension dialectique du phénomène juif, resitué dans le cadre de l’eschatologie chrétienne, telle qu’un catholique la comprend.

Au départ, il y a un verset de l’évangile de Jean. Le Christ dit : « Le salut vient des Juifs. »

Bloy constate que Drumont ignore totalement ce principe, lui qui, au fond, est un Egyptien, et non un chrétien : il n’est pas ce qui vient au-delà des Juifs, mais ce qui se trouve en-deçà. Bloy, pour cerner le personnage de Drumont, parle d’un « pion parvenu » qui a « abaissé la question d’Israël [...] jusqu’au niveau cérébral des bourgeois les  plus imbéciles ». Et de fait, constate Bloy, ce que Drumont reproche aux Juifs, c’est de lui avoir pris son argent. Ce qui montre bien que la préoccupation centrale de Drumont, l’argent, fait de lui… un goy qui voudrait être juif et riche à la place des Juifs riches.

L’antisémitisme de Bloy est d’un tout autre niveau. Il condamne les Juifs, dans lesquels il voit un ferment de corruption étranger à la chrétienté (attitude typique de l’antisémitisme catholique). Mais il estime leur existence nécessaire – indispensable même. Il faut qu’ils existent, pour qu’il y ait des chrétiens. En cela, l’antisémitisme de Bloy est d’un type tout à fait opposé à celui qui s’est exprimé, au XX° siècle, à travers en particulier les persécutions nazies. On peut sans doute à bon droit estimer que Bloy est antisémite ; on ne peut en revanche pas l’accuser d’avoir ouvert la porte à l’antisémitisme nazi – au contraire : il a tenté de fermer cette porte.

Aux yeux de Bloy, l’histoire des  Juifs barre celle du genre humain, comme une digue peut être construite à travers un fleuve afin d’en élever le niveau.

Faire les Français (A-M. Thiesse)

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Anne-Marie Thiesse (AMT) est directrice de recherche au CNRS, spécialisée dans les questions relatives à la Nation et à l’identité. Autant dire que quand on lit un livre d’elle, on a une idée du point où en est la réflexion dans le bloc institutionnel sur ce point précis.

C’est pour cette raison qu’il peut être intéressant de la lire. On ne doit pas s’attendre ici à trouver des propositions révolutionnaires : nous sommes  dans le ronron mandarinal. Mais on peut en revanche se faire une idée de l’analyse que les « élites intellectuelles » produite par notre République sur la question, qui les concerne au premier chef, de la dilution progressive de leur employeur dans les nouvelles structures politiques (ou plutôt anti-politiques) produites par le capitalisme transnational.

La « crise d’identité » de la « Nation républicaine », vue depuis le Bloc Institutionnel : note de lecture.

Nous zapperons les passages obligés sur la condamnation vertueuse de Rebatet et autres infréquentables, et irons directement à la thèse de fond.