• Bienvenue

    A l'origine de Scriptoblog, il y a une conviction : pour nous, la littérature doit parler de la vie et pas de la morale, sauf quand la morale sert la vie. Nous refusons les visions désincarnées, les idéaux ne nous parlent que s'ils parlent du réel. Toutes les rêveries du monde ne remplaceront pas une paire de bottes par temps de neige ou un gilet pare-balles en temps de guerre.

  • Michel Drac

    « Nous approchons d’un moment critique dans l’histoire de notre pays. Pour la première fois depuis longtemps, il devient envisageable qu’en France, un gouvernement de rupture arrive aux affaires, dans quelques années. Dans ces conditions, nous devons changer de point de vue. Critiquer n’est plus suffisant : il faudra être capable de proposer quelque chose… »
  • Carroll Quigley

    Grâce aux travaux de cet universitaire américain, il est désormais possible de mieux connaître les arcanes de ce monde oligarchique opaque dont l’action a été déterminante pour le monde anglo-saxon et, par ricochet, pour la planète entière…
  • James Kunstler

    Avec une grande clairvoyance et une vision pragmatique du monde, Kunstler soutient que le temps de la pensée magique et de l’attente de miracles est révolu et que le temps est venu de commencer à se préparer à une très longue crise…
  • Jack Donovan

    Depuis un certain temps, la société occidentale a déclaré la guerre à la virilité : théorie du genre, féminisme, mondialisme, déracinement. Jack Donovan relève le défi. Il balaie l’échiquier d’un poing rageur. Son projet : détruire cette civilisation pour libérer les hommes afin qu’ils retrouvent leur vraie nature..
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Notes sur oeuvres

Comprendre l'Empire (A. Soral)

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Avec ce livre, Alain Soral (AS) s’est fixé un objectif inatteignable : expliquer le plus sophistiqué système de domination de l’Histoire, en 230 pages. C’est évidemment impossible, et fort logiquement, l’objectif n’est pas totalement atteint. En réalité, le titre pourrait être : « prendre conscience de l’Empire », ou encore « prendre en soi les enseignements retirés par l’auteur d’une vie passée à lutter contre l’Empire ».

« Comprendre l’Empire » est d’abord le fruit d’un engagement. On n’y trouvera donc pas un exposé technique sur les méthodes de domination financière par Wall Street et la City, pas plus qu’une analyse sociologique appuyée sur un appareil statistique. Mais à vrai dire, ce n’est pas très gênant : le livre est fait pour avancer quelques grandes thèses en leitmotiv – et pour obliger le lecteur non à adhérer à ces thèses, mais à s’y confronter. Il s’agit avant tout d’un exercice de libération de la parole et, sous cet angle, « Comprendre l’Empire » est une réussite. On a rarement rédigé ouvrage plus iconoclaste.

Par convention, nous regrouperons ici les thèmes conducteurs de l’ouvrage en six thèses principales…

Blythe Masters (P. Jovanovic)

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Ce livre de Pierre Jovanovic (PJ) à tout d’une gageure. La biographie d’une femme dont 99.9 % de la population française n’a jamais entendu parler n’est pas a priori un sujet porteur.

Mais c’est à raison que PJ a décidé de zoomer sur cette obscure prêtresse de la finance en folie. Que Blythe Masters et ses semblables soient inconnus du  public est justement, dans la crise actuelle, une partie de notre problème. Si 99.9 % de la population française connaissaient Blythe Masters, on gagnerait beaucoup de temps, on s’économiserait beaucoup d’efforts : connaître cette personne, ou plutôt ce type de personne, c’est déjà comprendre une  grande partie des véritables ressorts du désastre contemporain – et donc, c’est, déjà, se préparer à y remédier.

Ce sont des gens  comme madame Masters qui tiennent nos destinées en main. Ce sont eux les « maitres du monde ». Les politiques, et c’est encore plus flagrant dans le monde anglophone, ne sont jamais que leurs dévoués serviteurs.

Zoom, donc, sur Blythe Masters, la dame qui a inventé les Credit Default Swaps.

Le désenchantement du monde (M. Gauchet)

Gauchet

Gauchet reprend l’expression de « désenchantement du monde », utilisée par Max Weber pour décrire l’élimination du magique dans la construction du Salut, mais ce qu’il désigne par là va au-delà de l’objet désigné par Weber. Pour Marcel Gauchet, le religieux en tant que principe extérieur au social, et qui modèle le social depuis l’extérieur, c’est fini. Et l’originalité de l’Occident aura consisté, précisément, à opérer cette incorporation totale, dans le social, des fonctions traditionnellement allouées au religieux.

Le « désenchantement du monde », version Gauchet, ce n’est donc pas seulement l’élimination du magique dans le religieux, c’est bien encore la disparition du religieux en tant qu’espace collectif structurant et autonome.

Il s’agit donc ici de comprendre pourquoi le christianisme aura été, historiquement, la religion de la sortie de la religion. L’enjeu de cette histoire politique de la religion : comprendre, au-delà des naïvetés laïcardes, quelles fonctions la religion tenait dans les sociétés traditionnelles, et donc si d’autres moyens permettront de les maintenir.

Le grand secret de l'industrie pharmaceutique (P. Pignarre)

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Bien avant le scandale du Mediator, Philippe Pignarre (PP) avait publié « Le grand secret de l’industrie pharmaceutique ». C’était en 2003, et comme il s’agissait du point de vue d’un ancien cadre de cette industrie, d’un témoignage de l’intérieur en quelque sorte, c’était intéressant.

Où en est l’industrie pharmaceutique ?

L'effet sablier (J-M. Vittori)

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« L’effet sablier » est paru en octobre 2009. On pourrait le décrire comme une tentative d’optimisme sociologique tempéré en période de régression sociale majeure. C’est sans doute le caractère méritoire de l’exercice optimiste qui a valu à ce livre un certain succès : par les temps qui courent, tout le monde a envie de se convaincre qu’après tout, les choses ne vont pas aussi mal qu’il peut sembler de prime abord.

La thèse générale de « L’effet sablier » est que nous n’assistons pas à un simple écrasement des classes moyennes, mais plutôt à leur coupure en deux : une partie des classes moyennes descend, et va rejoindre les classes inférieures, mais une autre partie monte, et va rejoindre les classes supérieures.

Les anciennes sociétés d’ordre, nous rappelle Jean-Marc Vittori (JMV), présentaient une structure de revenus en « chapeau chinois » : un immense plateau en bas, une toute petite pointe en haut. Les sociétés issues des Trente Glorieuses, elles, proposaient une forme pyramidale aplatie, avec un « milieu » important. Les sociétés de demain, nous dit l’auteur de « L’effet sablier », auront la forme d’un sablier : deux classes et deux seulement ; un tiers de riches en haut, deux tiers de pauvres en bas.

La justice comme équité (J. Rawls)

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« Notre espoir pour le futur est que notre société repose sur la croyance que notre monde social permette au moins une organisation politique décente, de manière à ce qu’un régime raisonnablement juste, quoiqu’imparfait, soit possible. »

Ecrit en 1971, l’essai de John Rawls, Théorie de la justice, a connu un impact considérable dans le monde anglo-saxon. Trente ans plus tard, désireux de tenir compte des nombreuses objections soulevées par sa théorie, Rawls publia un ouvrage plus synthétique et actualisé, La justice comme équité, Une reformulation de la Théorie de la justice.

Cette « justice comme équité » se veut une utopie réaliste, une théorie idéale inscrite « dans la recherche d’une perfection démocratique ». Issue du courant contractualiste, elle vise à unifier la diversité au sein d’une société – officiellement – désidéologisée. En d’autres termes, il s’agit de déterminer les « plus petits dénominateurs communs » nécessaires à la gestion de citoyens sur un territoire donné, dans un régime démocratique constitutionnel et représentatif.

Etudions donc cette approche ultra-théorique, élaborée « en chambre » par un fondateur de cité idéale. En effet, s’il est peu probable que cela nous apprenne grand-chose sur l’art politique réel, il n’est pas impossible en revanche que cela nous dise quelque chose sur une des tendances-clefs du libéralisme contemporain.