• Bienvenue

    A l'origine de Scriptoblog, il y a une conviction : pour nous, la littérature doit parler de la vie et pas de la morale, sauf quand la morale sert la vie. Nous refusons les visions désincarnées, les idéaux ne nous parlent que s'ils parlent du réel. Toutes les rêveries du monde ne remplaceront pas une paire de bottes par temps de neige ou un gilet pare-balles en temps de guerre.

  • Michel Drac

    « Nous approchons d’un moment critique dans l’histoire de notre pays. Pour la première fois depuis longtemps, il devient envisageable qu’en France, un gouvernement de rupture arrive aux affaires, dans quelques années. Dans ces conditions, nous devons changer de point de vue. Critiquer n’est plus suffisant : il faudra être capable de proposer quelque chose… »
  • Carroll Quigley

    Grâce aux travaux de cet universitaire américain, il est désormais possible de mieux connaître les arcanes de ce monde oligarchique opaque dont l’action a été déterminante pour le monde anglo-saxon et, par ricochet, pour la planète entière…
  • James Kunstler

    Avec une grande clairvoyance et une vision pragmatique du monde, Kunstler soutient que le temps de la pensée magique et de l’attente de miracles est révolu et que le temps est venu de commencer à se préparer à une très longue crise…
  • Jack Donovan

    Depuis un certain temps, la société occidentale a déclaré la guerre à la virilité : théorie du genre, féminisme, mondialisme, déracinement. Jack Donovan relève le défi. Il balaie l’échiquier d’un poing rageur. Son projet : détruire cette civilisation pour libérer les hommes afin qu’ils retrouvent leur vraie nature..
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Notes sur oeuvres

RFID : La police totale (Pièces et main d’œuvre)

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« Si l'on mesure la menace aux soins que mettent les chercheurs à la dissimuler, les RFID méritent assurément notre rébellion. Que pouvons-nous ? Refuser toutes les cartes, de transport, de fidélité, de paiement, d'identité, à RFID. Fuir les magasins qui taggent leur marchandise. Soutenir les éleveurs qui refusent de pucer leurs animaux. Inventer des moyens de sabotage des puces et des lecteurs. Sommer les associations, syndicats, partis, médias, de se battre contre le mouchardage universel. Fermer, saboter, raser les laboratoires de la police totale. »

La RFID (Radio Frequency IDentification ou Identification Devices) est un petit pas pour l'homme, mais assurément un grand pas vers le nanomonde totalitaire. Le collectif Pièces et main d’œuvre (PMO) nous en livre un exposé clair et concis, abondamment sourcé – comme à son habitude. Et même pour ceux qui connaissent déjà les tenants et les aboutissants de cette technologie, la lecture de ce court livre et des déclarations officielles qu'il contient fait froid dans le dos.

Photographies d’un hamburger (Lucien Cerise)

À l’occasion de sa réédition en format poche chez Stéphane Million, petit résumé d’un méconnu mais néanmoins sympathique roman, analyse au vitriol de notre dégénérescence systémique et de l’anthropologie absurde qui en découle.


Le hamburger du titrhamburgere représente notre planète, détruite par le libéralisme mondialisé et subissant l’influence de la culture de masse américaine.

La principale originalité du roman est son approche : une analyse sous l’angle de la guerre des sexes. Une secte féministe radicale, les Hystérocrates, vise à la domination puis à l’éradication des hommes. Exclusivement composée de membres du sexe féminin et de gays, l’organisation a infiltré et contrôle toutes les positions dominantes de la société postmoderne. Dès lors, leur plan d’action peut être mis en œuvre, d’abord en colonisant les esprits et en reprogrammant les comportements sociaux, ensuite en comptant sur les avancées scientifiques pour pouvoir se passer des hommes dans le processus de procréation (parthénogenèse, ectogenèse).

L'invention de la réalité (dir. Paul Watzlawick)

edwardbernays[Ci-à gauche, Edward 'Public Relations' Bernays, l'homme qui avait tout compris sans avoir jamais lu Palo Alto...]

« Le processus qui conduit à tomber dans un piège consiste à se laisser tromper 1) par certaines façons d'utiliser le langage qui, en apparence seulement, ont du sens, et 2) par certains types de raisonnement dont, en apparence seulement, la justesse semble évidente. On aboutit de cette façon à l'enfermement comme résultat de ce fait, ou processus psychologique, qui consiste à prendre des apparences pour des réalités. Par ce processus, parfois très complexe, ces apparences finissent par se mêler très étroitement au tissu que nous prenons pour notre réalité, de sorte qu'il ne semble plus possible d'adopter un point de vue à partir duquel leur justesse soit considérée comme une simple hypothèse. Dès lors, on prend des suppositions de départ pour des données, et l'idée même de les remettre en question n'est plus accessible. » (Gabriel Stolzenberg)

Produit collectif d'une belle brochette de « tronches », cet essai est l'ouvrage majeur du « collège invisible » de Palo Alto. Plusieurs scientifiques de disciplines distinctes se sont attachés à la recherche de la réalité. Tel est le sens du constructivisme radical de cet ouvrage. Loin d'être perçue et objectée, la réalité serait construite subjectivement, de manière inconsciente. Si nos actes conviennent à un contexte donné, cela ne veut pas dire qu'ils y correspondent exclusivement. Pour le constructivisme radical, les voies sont plurielles, diverses réalités sont envisageables et viables. C'est en ce sens qu'elles conviennent. En fin de compte, tout est question de communication, champ cognitif dans lequel s'inscrivent les recherches présentées ici.

Nouveau paradigme épistémologique, le constructivisme remet en cause la conception traditionnelle du monde. La relation entre connaissance et réalité n'est plus unique, mais on postule une équivalence de relations (homomorphisme). Pour reprendre l'image d'un des auteurs, la clé convient à la serrure, mais de multiples clés permettent de l'ouvrir. Les idées (structures cognitives) s'expérimentent par la voie empirique. Le constructivisme radical récuse donc l'idée d'un monde « objectif », car nous ne pouvons connaître que ce que nous construisons nous-mêmes. De manière analogue, les perceptions ne peuvent être contrôlées que par d'autres perceptions. Bref, pour von Glasersfeld, notre connaissance ne reflète que « la mise en ordre et l'organisation d'un monde constitué par notre expérience. » Pour le constructivisme, l'activité cognitive du sujet – qui suppose une capacité de représentation – est orientée vers un but. En pratique, tout dépend du type logique auquel chacun s'arrête, qui le fera appréhender sa réalité de manière soit séquencée (la contrainte du langage notamment), soit continue. La construction du sens se fera par les buts choisis et les points de départ de la construction. En résumé, la capacité d'assimilation et d'ordonnancement de la matière empirique créera chez le sujet la capacité de décodage d'une réalité spécifique, qui construira sa réalité. Tout est question de réception, d'assimilation et de filtrage de l'information codée au sein d'un système donné. A noter que pour von Glasersfeld, la réalité ne se manifeste que là où nos constructions échouent : ce que l'on appellerait le retour du réel.

Le Quai de Wigan (G. Orwell)

orwell_croquis

« Ce qu’il faut, c’est faire entrer dans la tête des gens : un, que les intérêts de tous les exploités se rejoignent ; et deux, que le socialisme ne heurte pas forcément la common decency. »

Excepté Le Lion et la Licorne, Le Quai de Wigan est probablement LE livre indispensable de George Orwell pour qui veut cerner sa pensée politique. Il contient l’essentiel de ses réflexions sur la classe ouvrière, la civilisation machiniste et ses premières interrogations sur le socialisme. Cette enquête-essai chez les mineurs du Nord industriel de l’Angleterre – dont Wigan est l’exemple typique (« Wigan a toujours symbolisé la laideur inhérente aux districts de grande industrie », écrivait Orwell ailleurs (1)) –  est une plongée dans Metropolis. Orwell y livre la clef de sa sensibilité, parce qu’il y dévoile le fait générateur de sa conscience : la soudaine reconnaissance par un privilégié de la brutalité de l’ordre sur lequel repose ses privilèges, et de l’humanité de ceux que cet ordre écrase.

Lecture (paranoïaque) du dernier X-Men

reichstagX-Men le commencement réalisé par Matthew Vaughn (Kick-Ass) et scénarisé et produit par Bryan Singer (Usual suspects) est un film de super-héros qui fera date.

X-Men le commencement est un prequel basé sur les comics Uncanny X-Men (1963) et X-Men : First Class (2006), il fait table rase du passé et reprend la saga à ses origines.

Quelle est la particularité de ce X-Men ? Il revient tout simplement sur l'origine de la lutte entre le Professeur X  et Magneto et offre lors de la scène finale les clefs de l'infirmité de Charles-Xavier/Professeur X.

« Et alors? », demanderont quelques-uns. Eh bien sans trop s'avancer et sans grand risque de surinterprétation, on peut supposer que les studios ont voulu à travers cet épisode - de loin le meilleur de la saga et totalement inclassable - illustrer le conflit qui était jusqu'alors plus ou moins latent et feutré, et qui semble avoir désormais basculé dans une guerre ouverte, à savoir le choc des Titans, qui se joue aux Etats-Unis entre d'un côté les WASPs  conservateurs réalistes ou paléo-conservateurs et de l'autre les milieux juifs accompagnés à la marge de leurs alliés chrétiens sionistes et/ou néo-conservateurs.

The Company Men : I need a job

code_cibleCes dernières semaines ont été généreuses en très bons films : Le discours d'un roi (Tom Hooper), Black Swan (Darren Aronofsky), True Grit (les frères Coen) ou encore l'excellente surprise We want sex equality (Nigel Cole). Et pourtant, le film le plus remarquable (au sens littéral du mot) passera sans-doute tristement inaperçu.

Le long-métrage en question : The company men de John Wells.

Avec The company men,  la Great Recession (telle qu'on l'appelle désormais aux États-Unis) démarrée en 2007/08 tient enfin son film.

Car entre le néo-cinéma hexagonal ontologiquement incapable de se coltiner aux seuls sujets qui méritent vraiment le détour et le très très poussif Wall Street 2 d'Oliver  Stone, on était en droit de penser que le 7ème art avait définitivement rendu les armes dans ce domaine.

Heureusement, The company men vient définitivement nous rassurer sur le potentiel d'un certain cinéma américain à s'attaquer de front aux thématiques les plus brûlantes.