• Bienvenue

    A l'origine de Scriptoblog, il y a une conviction : pour nous, la littérature doit parler de la vie et pas de la morale, sauf quand la morale sert la vie. Nous refusons les visions désincarnées, les idéaux ne nous parlent que s'ils parlent du réel. Toutes les rêveries du monde ne remplaceront pas une paire de bottes par temps de neige ou un gilet pare-balles en temps de guerre.

  • Michel Drac

    « Nous approchons d’un moment critique dans l’histoire de notre pays. Pour la première fois depuis longtemps, il devient envisageable qu’en France, un gouvernement de rupture arrive aux affaires, dans quelques années. Dans ces conditions, nous devons changer de point de vue. Critiquer n’est plus suffisant : il faudra être capable de proposer quelque chose… »
  • Carroll Quigley

    Grâce aux travaux de cet universitaire américain, il est désormais possible de mieux connaître les arcanes de ce monde oligarchique opaque dont l’action a été déterminante pour le monde anglo-saxon et, par ricochet, pour la planète entière…
  • James Kunstler

    Avec une grande clairvoyance et une vision pragmatique du monde, Kunstler soutient que le temps de la pensée magique et de l’attente de miracles est révolu et que le temps est venu de commencer à se préparer à une très longue crise…
  • Jack Donovan

    Depuis un certain temps, la société occidentale a déclaré la guerre à la virilité : théorie du genre, féminisme, mondialisme, déracinement. Jack Donovan relève le défi. Il balaie l’échiquier d’un poing rageur. Son projet : détruire cette civilisation pour libérer les hommes afin qu’ils retrouvent leur vraie nature..
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Notes sur oeuvres

Nick Cave au cinéma

Nick Cave and the Bad Seeds - extrait du film Les Ailes du désir de Wim Wenders

All things beautiful de Nick Cave tiré de l'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford d'Andrew Dominik (à signaler que la bande originale de ce magnifique western a été composée très largement par Nick Cave et Warren Ellis, de nombreux extraits sont disponibles sur Youtube. Pour les plus curieux, se pencher également sur le travail encore une fois remarquable de Nick Cave et Warren Ellis pour le long-métrage de John Hillcoat Des hommes sans loi. Scénario d'ailleurs co-écrit pour l'occasion par le Bad Seeds en chef.)

 

 

 

 

Bon pour la casse. Les déraisons de l’obsolescence programmée (Serge Latouche)

Complément utile à l’excellent documentaire de Cosima Dannoritzer (1), le nouvel essai du non moins excellent Serge Latouche, théoricien de la décroissance, s’attaque à l’obsolescence programmée. Cette arnaque programme à l’avance la durée de vie des objets. La raison ? Simple, toujours la même : le pognon, faire un billet. Surtout dans les sociétés de croissance et son indicateur grotesque le PIB (plus il y a de catastrophes naturelles – HAARP inclus – et de soins liés à la violence, de pollution et de déchets, plus il y a de croissance et donc d’augmentation du même PIB). Dans Consciences sous influence, Stuart Ewen exposait la nécessité pour les industriels de trouver de nouveaux marchés afin de créer une demande à la hauteur de leur offre. L’obsolescence programmée (OP) répond à la même logique : si un objet est de bonne qualité, solide, bref durable, l’entreprise court à sa perte, crise et chômage s’y adjoignant. Il convient donc de s’organiser en cartels pour développer une industrie de la camelote dans une société de consommation pleine de sujets toxicos de ce système – ce qui n’empêche pas, pose Latouche, une crise industrielle de surproduction tous les dix ans environ (qui nécessite l’intervention des ordures du marketing). De préférence, de manière monopolistique pour que les concurrents n’aient pas la mauvaise idée de proposer des produits durables. Mais il importe quand même de maintenir la demande, en articulant l’escroquerie selon trois axes : la publicité, deuxième budget mondial (après l’armement) pour créer le désir de consommer, le crédit qui en donne les moyens, et l’OP qui renouvelle le besoin d’achat, surtout si réparer coûte plus cher que racheter.

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Low intensity operations. Subversion, insurgency & peacekeeping (Frank Kitson)

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"Ce livre aux tirages confidentiels n'a jamais été traduit dans notre langue et nous n'en connaissons que cinq exemplaires dans les bibliothèques universitaires françaises (voir le catalogue SUDOC). De fait, la diffusion à un large public de ce texte pourrait à elle seule faire basculer des équilibres géopolitiques entiers." (Gouverner par le chaos)

 

11 septembre 2001, attentat de la rue des Rosiers, profanations de Carpentras, affaire Mohamed Merah, affaire Breivik, tuerie d’Aurora, massacre de Raçak (voir B. I. n°138), génocide de Srebrenica (et d’autres), Kosovo, Libye, Syrie, Iran, et probablement tuerie de Newton, comme l’a sous-entendu l’ami Gendre… Toutes histoires qui ont en commun de puer l’intox au vu des rapports officiels comparés aux incohérences qu’elles manifestent. Des histoires banales de la guerre de quatrième génération, dite G4G, celle de l’information. Mais comme l’écrit l’auteur du présent livre, de bonnes communications permettent d’exercer une influence sur les événements. En d’autres termes, selon l’Ecole de Guerre Economique, la guerre est désormais cognitive, elle vise à contrôler la réalité construite par l’individu pour garantir la suprématie de l’intrigant.

Le général Frank Kitson reste à ce titre l’une des figures de proue de la guerre cognitive, bien qu’aucun de ses ouvrages n’ait été traduit en français à ce jour. Sa doctrine découle de son expérience d'écrasement des révoltes anti-coloniales autochtones dans les pays occupés, qu'il consacra dans son manuel Low intensity operations. Subversion, insurgency & peace-keeping (1971), que l'on pourrait rebaptiser « Petit manuel pratique de la révolution colorée ». Le contexte géopolitique dans lequel écrit Kitson s’illustre par trois facteurs qu’il énonce : 1) l’Angleterre défendra ses intérêts nationaux, 2) elle ne pourra pas se contenter de l’isolationnisme. Depuis des siècles elle a dû agir pour survivre, ce qui reste valide aujourd’hui, 3) les pays doivent se battre pour défendre leurs intérêts, dans des limites qui excèdent leurs frontières géographiques. Si l’Angleterre s’allie aux Etats-Unis, leur alliance devra combattre où leurs intérêts seront menacés. Comment faire pour empêcher le pays-cible de se révolter (subversion & insurrection) ? Kitson propose le peace-keeping (maintien de la paix), appellation euphémisée de la contre-subversion. (1) Et à la lecture de son exposé, il est plus qu’aisé de comprendre que ce livre soit quasi introuvable.

Petite histoire de la désinformation (Vladimir Volkoff)

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« Les remparts culturels tombent les uns après les autres comme les murs de Jéricho à l'appel des trompettes multinationales, et l'individu, privé des défenses naturelles de la famille, de la tribu, de l'artisanat, de la nation, de la religion, de la langue, de ce que j'ai appelé le nous opposé au je, sombre dans le on informe d'une humanité non différenciée : sous prétexte d'ouverture au monde, il demeure seul et sans défense devant son poste de télévision, cet entonnoir universel de la désinformation. »

 

Si les techniques de désinformation n'ont de cesse de se perfectionner, le phénomène reste intemporel. Pour Volkoff, nous vivons en psychocratie, où les émotions l'emportent sur le rationnel. Rien que de très banal. Au cours des années 1990 toutefois, trois événements auraient changé la donne quant à la désinformation :

– la chute du communisme privait l'Occident du bouc émissaire auquel on pouvait jadis attribuer toutes les opérations de désinformation, du moins toutes celles réussies ;

– les techniques de la désinformation étant désormais connues, elles échappaient au contrôle des États et étaient de plus en plus pratiquées par des organismes privés ;

– la « toute-puissante » image avait définitivement triomphé du mot dans la communication de l'information, et elle ouvrait aux désinformateurs des perspectives nouvelles et apparemment illimitées.

Résumé descriptif d'un essai de cet auteur incontournable sur ce sujet.

Le propre de l'homme : remarques sur Des animaux et des hommes (Alain de Benoist)

benoistLa définition de type aristotélicien opère par genre et différence; on ne peut poser l’identité d’une chose, en tant qu’elle participe d’une espèce, qu’en identifiant la différence qui la distingue des autres choses d’un même genre. L’homme est un animal rationnel : c’est un animal, mais il est rationnel, et en tant qu’il est rationnel, c’est un homme. Pour être identique à soi, il faut faire la différence ; et pour cette raison, interroger ce qu’est l’homme, ce qui le constitue comme homme, ne peut pas être indépendant d’un questionnement sur ce qu’est le propre de l’homme, par rapport à ce qui n’est pas homme : Dieu, l’ange, la bête.

L’enracinement (S. Weil), éléments pour une anthropologie de la souveraineté, par-delà droite et gauche

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Une philosophie des limites

D’une formule détournée de la célèbre maxime de Marx et Engels, Michéa a résumé la spécificité de la modernité libérale : « Déracinés de tous les pays, unissez-vous sur l’égide du marché mondial ! » Elle résume l’aboutissement logique de la pensée progressiste et mécaniste tant des Encyclopédistes que des Lumières. Partisans de la destruction de l’Ancien Régime, ils concevaient une anthropologie nouvelle – celle des droits de l’homme – destinée à émanciper l’humain d’obligations communautaires jugées rétrogrades et liberticides. Dans les fausses oppositions entretenues aujourd’hui par le terrorisme intellectuel et l’ingénierie sociale, l’idée de Progrès se trouve attribuée à la gauche, éternel camp du Bien depuis 1945. Droite et gauche sont prétendument opposés et absolutisés comme des concepts dont la seule évocation résumerait le contenu. Il ne s’agit pourtant que d’une construction, des mots choisis qui entendent s’imposer comme la seule réalité légitime. Toute critique ne pourrait se faire qu’avec cette opposition droite / gauche pour système de référence. A l’examen, l’obsolescence de ce clivage impose de rechercher une grille analytique alternative. Comme le rappelait Lasch, la foi progressiste peut se retrouver à droite, avec la recherche de la destruction des barrières morales (rebaptisées du terme diabolisant de « discriminations »), de l’expansion économique illimitée et le développement de l’individualisme. Droite et gauche officielles sont ainsi bien plus proches que ne le sont la droite économique de la droite politique (ce que Soral nomme la droite des valeurs). (1) Lors d’un colloque du GRECE, Alain de Benoist écrivait qu’il était insensé de se dire ni de droite, ni de gauche, car nous serions à la fois et de droite, et de gauche. Une nouvelle axiologie, qu’a proposée par exemple Arnaud Imatz, se veut par-delà droite et gauche ; d’une part, les révolutionnaires et conservateurs partisans de l’enracinement, d’autre part les révolutionnaires et conservateurs promoteurs du déracinement.

Chez Simone Weil, l’enracinement, nourriture pour l’âme humaine, s’entend comme « la participation active, réelle et naturelle à l’existence de sa collectivité », sans laquelle l’homme se couperait d’un besoin vital. D’aucuns parleront toutefois de la libération de l’enracinement comme de l’affranchissement d’un carcan, évolution naturelle vers l’émancipation. Néanmoins, la démocratisation du renseignement militaire nuance ce postulat : une guerre psychologique et économique est menée sous des prétentions libératrices. (2) Revenons dans l’Amérique des années 1920. Stuart Ewen, historien de la publicité, a démontré comment publicitaires et industriels se sont associés pour concevoir une « théorie générale des instincts », avec l’aide des psychologues et chercheurs en sciences sociales. Par action sur notre champ cognitif, exacerbation des pulsions et marginalisation sociale des réfractaires, la société de consommation naissante s’est attachée à détruire les solidarités traditionnelles, les cultures enracinées et leur sens de la mesure et de l’éthique afin de se pérenniser (modèle exporté en Europe avec le plan Marshall). L’homme fut progressivement déraciné, coupé du sens des limites et des conventions, privilégiant le bien contre le lien. La critique anticapitaliste ploya sous les assauts de la propagande quotidienne, relayée et légitimée par les « experts » (on pourra relire avec profit Propaganda de Bernays).

En fin de compte, une étude même succincte de la question de l’enracinement, au moyen d’auteurs officiellement de bords antagonistes, suffit pour comprendre que se positionner en termes de droite ou de gauche est une fumisterie. Le clivage déterminant reste celui qui oppose les enracinés, ces défenseurs d’une anthropologie de la souveraineté, contre les déracinés, ces idiots utiles de la servitude invisible d’Attali et consorts.