• Bienvenue

    A l'origine de Scriptoblog, il y a une conviction : pour nous, la littérature doit parler de la vie et pas de la morale, sauf quand la morale sert la vie. Nous refusons les visions désincarnées, les idéaux ne nous parlent que s'ils parlent du réel. Toutes les rêveries du monde ne remplaceront pas une paire de bottes par temps de neige ou un gilet pare-balles en temps de guerre.

  • Michel Drac

    « Nous approchons d’un moment critique dans l’histoire de notre pays. Pour la première fois depuis longtemps, il devient envisageable qu’en France, un gouvernement de rupture arrive aux affaires, dans quelques années. Dans ces conditions, nous devons changer de point de vue. Critiquer n’est plus suffisant : il faudra être capable de proposer quelque chose… »
  • Carroll Quigley

    Grâce aux travaux de cet universitaire américain, il est désormais possible de mieux connaître les arcanes de ce monde oligarchique opaque dont l’action a été déterminante pour le monde anglo-saxon et, par ricochet, pour la planète entière…
  • James Kunstler

    Avec une grande clairvoyance et une vision pragmatique du monde, Kunstler soutient que le temps de la pensée magique et de l’attente de miracles est révolu et que le temps est venu de commencer à se préparer à une très longue crise…
  • Jack Donovan

    Depuis un certain temps, la société occidentale a déclaré la guerre à la virilité : théorie du genre, féminisme, mondialisme, déracinement. Jack Donovan relève le défi. Il balaie l’échiquier d’un poing rageur. Son projet : détruire cette civilisation pour libérer les hommes afin qu’ils retrouvent leur vraie nature..
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Politique

Recension de « La souveraineté dans la nation », d’Aristide Leucate | Par Pierre Hillard.

hoaa2Alors que l’Union européenne est secouée par de multiples problèmes financiers et d’endettements sans cesse croissants (Grèce, Italie), le président Hollande propose de créer un gouvernement économique de la zone euro doublé de l’instauration d’un Parlement démocratique chargé de veiller à la bonne gestion de l’ensemble.


Outre les difficultés immenses pour s’accorder sur la répartition des rôles et de la doxa à suivre parmi les membres de l’oligarchie européiste (en particulier l’Allemagne), une telle évolution conduirait à la disparition complète des souverainetés nationales. Cette bascule ne semble pas effrayer les dirigeants politiques français issus des partis traditionnels.

Face à une telle évolution, la lecture du livre d’Aristide Leucate, La Souveraineté dans la nation, se révèle être fort à propos.

En effet, l’auteur fait d’abord un constat des lieux. Les défenseurs officiels de la souveraineté française (Debout la République, de Nicolas Dupont-Aignan, Mouvement pour la France, SIEL, fondé par Paul-Marie Coûteaux) obtiennent des scores ridiculement bas et ne s’enracinent pas dans le paysage politique. Cette situation résulte d’une inadaptation du concept de « souverainisme » incapable de combattre l’idéologie mondialiste et l’inversion des valeurs. Pour Aristide Leucate, la véritable référence repose sur l’idée de nationalisme et de défense de la patrie : le patriotisme.

Recension de « Sale Blanc ! Chronique d’une haine qui n’existe pas… » de Gérald Pichon

« Sale Blanc ! Chronique d’une haine qui n’existe pas… », Gérald Pichon (préface de Pierre Sautarel), éditions IDées, 2013.
Recension par Lucien Cerise
Le dimanche 15 juin, à la Fête du livre de Radio Courtoisie, venez rencontrer pour des dédicaces Gérald Pichon, Max Lebrun et Lucien Cerise à la table d’Emmanuel Ratier.


Avec son titre « coup de poing », l’ouvrage de Gérald Pichon a le mérite d’affronter de manière directe une question difficile, sans politiquement correct ni langue de bois. Son deuxième mérite, probablement supérieur au premier, est de ne pas virer pour autant dans le radicalisme stérile. En effet, comme l’apprennent tous les gens qui cherchent à diffuser des idées, il ne suffit pas d’avoir raison pour faire avancer une cause, encore faut-il savoir se faire entendre par le plus grand nombre et proposer des solutions réalistes. Les seuls discours qui parviennent à faire bouger les choses sont ceux qui réunissent tout d’abord un « consensus », le plus large possible, de sorte à s’extraire de toute tendance groupusculaire ou extrémiste. Sur un sujet aussi clivant et polarisant que celui du racisme en général, et anti-Blancs en particulier, le pari semble perdu d’avance. Gérald Pichon parvient malgré tout à maintenir un « juste milieu » de bout en bout de son argumentation, qui devient dès lors recevable par tout individu de bonne foi. Les deux risques étaient l’eau tiède et la bouillie pour forum internet, toutes deux insignifiantes, or l’auteur se déplace sur une ligne de crête qui lui permet de saisir franchement le taureau par les cornes sans jamais tomber dans l’outrance verbale qui aboutirait à un cri de colère légitime mais inarticulé. Exercice périlleux mais réussi.

Le complexe d'Orphée (Jean-Claude Michéa)

« « Déracinés de tous les pays, unissez-vous sous l'égide du marché mondial ! » ; tel pourrait donc être, en somme, le nouveau mot d'ordre de la gauche libérale. »

Le lecteur du nouvel essai de Michéa ne sera guère surpris. Le thème central en est à peu près toujours le même : démontage en règle du libéralisme, critique de la Gauche d'un point de vue authentiquement socialiste (donc réactionnaire), défense des gens ordinaires. Aucune surprise donc, mais seulement a priori, car en repartant d'Orwell anarchiste tory en 1995 jusqu'à son dernier bouquin intitulé La doublé pensée en 2008, on comprend tout de suite l'intérêt de ce nouvel opuscule. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'un degré supplémentaire – et à mon avis son plus complet – dans la somme qu'il constitue depuis plus de quinze ans. Sociologie, histoire, philosophie, anthropologie, toutes les disciplines sont ici convoquées dans un substantiel bouillon de culture. Au regard des sociétés humaines, du quotidien des gens ordinaires et de la socialité propre à chaque civilisation, une certitude apparaît : le mythe progressiste et libéral (pléonasme) est une aberration. Chacun en rirait s'il ne provoquait toutefois tant de souffrances et ne menaçait pas de toujours plus tout emporter sur son passage. Michéa s'inscrit en faux de cette théologie. Comme Maurras en son temps – mais sans être réactionnaire contre-révolutionnaire – il invite néanmoins à revenir sur nos pas pour corriger urgemment les ravages des malades du complexe d'Orphée : ceux qui par peur de perdre Eurydice se doivent de ne jamais regarder en arrière, vers un passé sombre, nauséabond et intrinsèquement fasciste, cela va de soi. Seront ici privilégiés les éléments nouveaux de la réflexion de Michéa, bien que sa manière de démontrer l'alliance objective entre « sociologues de gauche et économistes de droite » soit toujours aussi brillante, tout comme la corrélation entre l'extrême-gauche libérale et le MEDEF (Schweitzer, ancien directeur de la HALDE, est président du MEDEF international et membre éminent du Siècle, apprend-on ; quant à Cordier et Hessel l'indigné citoyen sans-frontières, ils ont fourni avec leur club Jean Moulin plusieurs cadres à la Trilatérale) et la mise au pilori de la bêtise et de l'incompétence du « néo-journalisme ».

Qu'ils s'en aillent tous ! (J-L. Mélenchon)

melenchon

« Qu’ils s’en aillent tous ! »

Rien qu’au titre, on se dit qu’on va avoir droit à un livre populiste.

Et, à la lecture, on se dit qu’on a en effet droit à un livre populiste.

D’ailleurs, Mélenchon l’assume, et même le revendique : il veut être populiste. Parce que, il l’avoue à mots à peine couverts, il pense qu’une vague populiste se prépare, et tant qu’à faire, il aimerait bien la chevaucher.

Voilà qui a le mérite de la clarté, et nous évitera une critique banale sur le thème « encore un politicien qui veut surfer sur le populisme ». Nous savons maintenant pourquoi « Méluche » a, jadis, suggéré l’interdiction du FN : c’est parce qu’il veut prendre la tête d’un front « de gauche », qui captera l’électorat populaire du FN.

A vrai dire, on s’en doutait.

Ce constat d’évidence évacué, ouvrons donc l’ouvrage, et faisons l’inventaire des thèses et propositions du sieur Mélenchon.

Gouverner par le chaos (anonyme)

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En 2009 est paru sur le web un livre étrange : « Ingénierie sociale et mondialisation ». L’ouvrage était signé « comité invisible ». L’éditeur du bouquin « L’insurrection qui vient », Eric Hazan, confirma que ce « comité invisible »-là n’était pas celui qu’il avait publié. La franchise avait été volée, par un, ou plusieurs anonyme(s) ! L’affaire amusa le landernau du web mal pensant, et une journaliste du monde, Aude Lancelin, rédigea même un petit article à ce sujet. Fin du premier épisode.

En 2010, Max Milo sort « Gouverner par le chaos ». Renseignement pris, il s’agit de la version définitive du texte dont « Ingénierie sociale et mondialisation » était le brouillon. Signature ? Néant. Le ou les anonyme(s) a (ont) renoncé à capter la franchise « comité invisible » – mais restent anonymes. Il n’est pas interdit de voir dans cette rocambolesque publication une stratégie de communication bien pensée…

En attendant de savoir qui se cache derrière cette affaire, ouvrons l’objet, et disséquons-le.

Orwell, anarchiste tory (J.C. Michéa)

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« L’adoption déculpabilisée d’un certain degré de conservatisme critique définit désormais l’un des fondements indispensables de toute critique radicale de la modernité capitaliste et des formes de vie synthétique qu’elle prétend nous imposer. Tel était, en tout cas, le message d’Orwell. »

Anarchiste tory, c’est-à-dire « anarchiste conservateur » : une bien curieuse autodéfinition de la part de George Orwell, surtout connu comme romancier, puisque ses romans ont parfois été transformés en produits culturels de masse (1984 et La Ferme des Animaux). Orwell, beaucoup moins connu comme pamphlétaire et politique. Orwell, donc, finalement plutôt mal connu.

Dans cet essai, Michéa nous livre une vue synthétique de cet esprit trop tôt disparu, et « anarchiste conservateur ». Analysons dans un premier temps les termes et leur signification avec les éclaircissements de Michéa.

Si Orwell n’est pas étranger à la sensibilité anarchiste (son engagement dans la guerre d’Espagne, aux côtés des communistes, l’amène à conclure qu’il est finalement proche des anars), c’est cependant un démocrate et un partisan de l’Etat de droit, jugeant son absence impossible, voire indésirable au sein d’une société moderne. En outre, « patriote du fond du cœur », il défend les valeurs nationales, qui pour lui ne sont pas un simple mot, un concept abstrait, mais « la démocratie empirique et sensible, incarnée sous nos yeux dans une nation donnée, qu’il convient donc de savoir reconnaître ». Anarchiste par sensibilité, mais, par raison, rebelle à l’anarchisme !