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La bourse ? Elle s'en fout !

marteau_croquisTraditionnellement, jusqu’à une date récente, les périodes électorales étaient peu propices aux envolées boursières : les marchés n’aiment pas l’incertitude.

On pourrait donc s’attendre, en ce moment, à voir le CAC 40 déprimé. Qui de Ségolène, l’archéo-socialo du milieu, ou de Sarko, le libéral-sécurité recentré, qui donc va l’emporter dimanche ? Suspense haletant, et le Palais Brognard, n’en doutons pas, retient son souffle…

Mouais.

Sauf que le CAC 40 vient de crever la barre des 6.000 points, dans la foulée de l’envolée de Wall Street.

Alors, de deux choses l’une : ou bien la bourse ne redoute pas l’incertitude… ou bien il n’y a pas d’incertitude.

Et bien sûr, c’est de cela qu’il s’agit. Il n’y a, du point de vue des professionnels de la bourse, aucune incertitude quant à l’enjeu des élections françaises.

Et cela s’explique très facilement. En trois points, si vous voulez faire comme à l’école.

Point numéro un : chers amis, le président que vous élirez dimanche n’aura pratiquement aucun pouvoir sur les variables décisives de l’activité économique.

Oui, vous m’avez bien lu : que ce soit Nicolas « j’ai tout piqué au borgne » Sarkozy ou Ségolène « I’m a woman » Royal, de toute manière, le gugusse qui ira poser son séant sur le trône de France n’aura aucun pouvoir. Pour l’essentiel, la régulation des grandes variables économiques appartient aujourd’hui aux marchés financiers mondialisés, c'est-à-dire en fait, à un marché, au singulier – immense machine à arbitrer en vue des seuls intérêts du capital. Le peu de marge de manœuvre qui reste au niveau politique se situe désormais à Bruxelles ou à Francfort, et pas à Paris. Le prochain président n’aura la main ni sur la monnaie, qui est arbitrée par la Banque Centrale Européenne, ni sur les droits de douane, négociés par l’Union Européenne dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce, et à peine sur les règlementations techniques, pour l’essentiel encadrées par la commission de Bruxelles. Autant dire que du point de vue du marché mondialisé, le président de la république française est un non être. Il y a une incertitude sur son nom, certes, mais pas sur son action, puisqu’on sait dès le départ qu’il n’aura les moyens d’entreprendre que des actions très marginales - sauf à remettre en cause le consensus mondialiste au sein de l'hyperclasse, mais de cela, bien sûr, il ne sera question ni avec Ségo, ni avec Sarko.

Point numéro deux : chers amis, le président que vous élirez dimanche n’aura pratiquement aucune marge de manœuvre. La dette de l’Etat avoisine 950 milliards d’euros, et si l’on rajoute la dette publique hors Etat, on doit commencer à flirter dans la joie et la bonne humeur avec 1.200 milliards d’euros (et si on rajoute les retraites des fonctionnaires, on tape dans les 2.000/2.500 milliards). Dans ces conditions, soyons clairs : le prochain gouvernement, quel qu’il soit, n’aura absolument pas les moyens de distribuer de l’oseille à qui que ce soit. Donc on sait déjà qu’il n’y aura, Ségo ou pas Ségo, aucune relance en France. Et l’on sait aussi qu’il n’y aura, Nico ou pas Nico, aucune réduction significative de la pression fiscale. Le prochain gouvernement, passé la très courte euphorie de la victoire, n’aura plus qu’une chose à faire : annoncer aux Français que ça eut payé, mais que ça paye plus – pour reprendre une expression fameuse. C’est bien pourquoi les marchés financiers se tamponnent allègrement des déclarations de bonnes intentions de Ségolène « je distribue des allocs » Royal et de Nicolas « j’allège les charges des PME » Sarkozy. Le marché sait à quoi s’en tenir. Mieux que l’électeur, dirait-on.

Point numéro trois : de toute manière, l’économie française n’est, pour les entreprises du CAC 40, qu’un marché relativement secondaire et une zone de production peu attractive. Ces entreprises soi-disant françaises (tu parles !) sont détenues à plus de 50 % par des actionnaires étrangers – essentiellement des fonds de pension américains et de très transparents fonds d’investissement logés aux Bahamas, ou dans ce genre d’endroits. Donc du point de vue des actionnaires de ces groupes, et donc par la force des choses du point de vue de leur management, qu’est-ce que la France ? C’est un endroit où le travail est cher, bien trop cher par rapport aux normes chinoises ou indiennes. C’est un endroit où la main d’œuvre est syndiquée – quelle horreur ! Et en plus, c’est un marché en croissance lente, et d’une solvabilité de moins en moins garantie. Alors, n’est-ce pas, la France, qu’est-ce qu’ils en ont à f…, ces gens-là ?

Pour l’instant, nos bons amis du Palais Brognard ont d’autres sujets de préoccupation. Un magnat australien veut mettre la main sur un groupe de presse américain, de grands mouvements de fusion acquisition sont en préparation dans la banque européenne : voilà qui stimule nos amis de la corbeille, voilà qui fait palpiter les marchés. Pognon, pognon, pognon. Pognon, voilà tout est dit. Le pognon, c’est la réalité. Et ce qui peut bien se passer dans une petite puissance moyenne sur le déclin, comme la France, on s’en tamponne, mes aïeux, on s’en tamponne grave à la Bourse !

Bref, pendant que, ce soir, des millions de veaux suivront le débat entre Ségolène « mâchoire refaite » Royal et Nicolas « Dentition Américaine » Sarkozy, les initiés, les gars qui savent de quoi ils retournent, eux, ne perdront pas leur temps avec ces niaiseries. Ils ont mieux à faire, ils ont une économie mondialisée à faire tourner. Non mais des fois.

Et sans doute de leur point de vue, leur attitude est-elle logique. Mettons-nous à leur place : comme nous devons les faire rire, ces maîtres du monde, ces hommes de l’argent en un temps où l’argent peut tout ! Comme nous devons les faire rire, avec nos débats tarabiscotés, faits pour laisser croire aux naïfs que la démocratie existe encore…

D’un autre côté, si j’étais à la place des gugusses du Palais Brognard, je ne rigolerais quand même pas trop fort. Un rapide calcul nous amène à la conclusion que ces messieurs ne sont plus très loin de faire sauter la banque. Le CAC était monté à 6.000 points et quelques, au plus fort de la bulle Internet. Mais il retomba à 2.300 points, en 2003, lorsque les USA attaquèrent l’Irak. Or, dites-moi, depuis 2003, quel fut le rythme de croissance de l’économie mondiale ? Voyons, disons 5 %.... Aller, disons 8 % en dollar courant… Alors, nous avons 8 % en croissance annuelle sur 4 ans, ce qui nous fait… 40 % de croissance. Donc 2.300 plus 40 %... Ouais, on est dans les 3.200 points. A peu près le niveau où le CAC devrait retomber, quand il aura cassé sa droite de tendance haussière, et que donc, logiquement, la spirale spéculative repartira dans l’autre sens.

Vraiment, si j’étais à la place de nos bons amis du pognon fictif, je ne festoierais pas trop vite, ni trop fort. Leur partie de Monopoly peut encore monter jusqu’à 8.000 points, à mon avis, mais ça peut craquer d’un seul coup d’un seul, jusque vers 3.200 points. Donc, n’est-ce pas, les autistes de la corbeille auraient tort de se moquer des autistes de la politicaillerie. A bien y réfléchir, je ne sais pas très bien qui, de nos politiciens promettant monts et merveille et de nos courtiers shootés à la bulle spéculative, je ne sais pas très bien qui alimente la bulle la plus foireuse.

Bon, alors, les paris sont à prendre : qu’est-ce qui craque en premier ? La tendance Bull en fin de cycle haussier mondial, ou les finances de la ripoublique du Frankistan ?

Faites vos jeux, messieurs-dames.

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