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"La Guerre des Monnaies : la Chine & le nouvel ordre mondial" - La préface de Jean-François Goulon.

La Guerre des Monnaies : la Chine & le nouvel ordre mondial
(
Éditions Le Retour aux Sources, 2013).
Avant-propos de Jean-François Goulon :
Traducteur de Eustace Mullins, Les Secrets de la Réserve Fédérale & auteur de Le Conflit Israélo-Palestinien
(Éditions Le Retour aux Sources, 2010).


La guerre des monnaies, la guerre de l’or et, en général, la guerre financière que se livrent les grandes puissances est une réalité très ancienne. On peut en tracer l’origine aux débuts de la mondialisation… lorsque la drachme égyptienne subit une hyperinflation aux IVe et au Ve siècle. L’Égypte, assujettie à l’Empire romain, avait décidé de ne pas adosser sa monnaie à l’or ou à l’argent. Rome, dans le même temps, sortit progressivement de l’étalon-or et –argent, en réduisant la teneur en métaux précieux de sa propre monnaie… jusqu’à ce qu’elle ne vaille plus rien ! L’Empire romain, qui avait conquis quasiment toutes les terres connues, finit par s’effondrer.(1)

Dans une période plus récente, coïncidant avec l’industrialisation en Amérique du Nord et en Europe, la guerre des monnaies s’est déroulée dans un contexte de lutte acharnée entre plusieurs empires, d’abord en Europe, puis dans le Nouveau Monde, de l’autre côté de l’Atlantique, où les anciennes puissances européennes jetèrent d’immenses forces dans la bataille. La France des Lumières défendait sa vision d’un «ordre nouveau » basé sur l’idée qu’elle se faisait de la démocratie, et l’Angleterre, devenue maîtresse des océans à la fin du XVIe siècle, succédant à la République de Venise, voyaitlà l’occasion d’étendre son Empire « sur lequel le soleil ne se couche jamais ». Les Allemands, eux, louaient à la Couronne britannique une armée de mercenaires…

L’auteur Song Hongbing commence son récit avec la formation d’une nouvelle dynastie, des roturiers, qui deviendront grâce à un plan minutieusement élaboré la nouvelle aristocratie trans-européenne avant de se retrouver au cœur de l’oligarchie financière mondiale, communément appelée « les banquiers internationaux ». Cette nouvelle dynastie, opérant dans l’ombre des grandes puissances européennes dont elle tirait toutes les ficelles est le clan Rothschild.

Cette histoire, alors totalement inconnue en Chine avant la parution de « Currency Wars », est au contraire assez bien documentée en Occident. En effet, après être parvenu à séduire le richissime et puissant Prince de Hesse-Cassel, dont il deviendra l’agent de change officiel, Mayer Amschel Rothschild (alias Bauer) déploiera ses tentacules – ses cinq fils – sur toute l’Europe, et imposera rapidement sa maison bancaire dans les principales places financières européennes, à Londres, Paris, Vienne, Milan et Francfort. Ces cinq tentacules sont représentés sur le blason des Rothschild par les cinq flèches qui s’échappent des serres de l’Aigle, image parfaite de la souveraineté, qui symbolise la conquête et l'instinct de puissance.

On pourrait croire que c’est donc en Europe que la dynastie des Rothschild va se construire, pas à pas, sur fond de guerres napoléoniennes, et ainsi accumuler une fortune gigantesque. Mais ce serait vite oublier que le patriarche, Mayer Amschel, a établi les fondations de son édifice sur la Guerre d’Indépendance en Amérique du Nord, en louant à la Couronne britannique 30 000 mercenaires allemands, qui ne parviendront d’ailleurs pas à maintenir l’Amérique dans L’Empire britannique.

Dans son récit, Song Hongbing, démontre par le menu comment cette oligarchie naissante avance sur plusieurs fronts des deux côtés de l’Atlantique, à pas masqués, en déployant partout ses agents secrets. Le premier coup de maître, c’est Nathan, le fils du patriarche, qui l’assènera à Londres, en mettant génialement la main sur la Banque d’Angleterre. Nathan venait d’inventer la guerre financière, où les armes sont l’asymétrie de l’information, la manipulation et l’intimidation. Ses frères ne sont pas en reste, James conquerra la France et Salomon l’Autriche. L’Europe étant désormais entre les mains des Rothschild, la génération suivante aura fort à faire outre-Atlantique pour imposer sa domination.

Après les deux tentatives ratées de créer une banque centrale privée aux États-Unis, l’auteur nous entraîne dans l’histoire secrète de la création de la Réserve Fédérale, en 1913, puis dans celle des plus grandes catastrophes du XXe siècle, la Grande Dépression et les deux guerres mondiales. Si les grandes conquêtes à travers l’Histoire ont toujours été exécutées dans des massacres épouvantables, la conquête financière du monde moderne n’a non seulement pas dérogé à la règle, mais l’a perfectionnée au fil des plans les plus diaboliques élaborés par ces nouveaux conquistadors.

Pas à pas, Song Hongbing nous immerge dans l’histoire contemporaine, la guerre de l’or, celle du Vietnam, puis la fin de l’étalon-or qui finira d’imposer le dollar comme unique devise de réserve mondiale. La marche inexorable de la finance internationale, suivant un axe Londres/Wall Street, finit par plonger le monde dans le plus grand chaos financier de l’Histoire : la crise de 2008.

L’auteur, qui était alors consultant de haut niveau auprès de Fannie Mae et de Freddie Mac, au cœur de la tourmente des prêts immobiliers « subprime », se trouvait aux premières loges pour observer la cupidité sans bornes du monde de la finance. S’il avait déjà compris le risque systémique que la planète tout entière encourait alors, ses recherches lui ont fait découvrir qu’une autre guerre, bien plus dangereuse et effroyable, se livrait dans les coulisses. La guerre des monnaies, où, plus exactement, maintenir coûte que coûte l’hégémonie des États-Unis sur le monde et empêcher la Chine de leur ravir la première place économique mondiale.

Song Hongbing a d’abord voulu alerter les autorités chinoises de l’immense danger qui pointait à l’horizon et menaçait de réduire à néant tous les efforts déployés par la Chine moderne visant à offrir à ses quelques 1 milliard et demi d’habitants un niveau de vie comparable à celui des Occidentaux. Publié en mai 2007, son livre, « Currency Wars », a connu très vite par le bouche à oreille un immense succès dans l’Empire du Milieu. Il a alimenté et alimente toujours les conversations de millions de Chinois… jusque dans les rangs les plus élevés du pouvoir, au sein même du Comité Central du Parti Communiste Chinois. Wang Qishan, alors vice-premier du conseil d’État, en charge des affaires économiques, aurait même ordonné à ses collaborateurs de le lire…

L’impact de « Currency Wars » a été tel que l’ancien président de la Fed, Paul Volcker, cité à plusieurs reprises dans ce livre, a dû s’expliquer sur une chaîne chinoise sur la nature privée de la Réserve Fédérale, et a répondu que si tel est effectivement le cas, les téléspectateurs chinois ne doivent pas en tirer n’importe quelle conclusion… Le fait qu’un ancien président de la banque centrale américaine soit amené à communiquer sur la vraie nature de « sa Fed », apporte, s’il en fallait, une preuve supplémentaire que « Currency Wars » contient bien des révélations pour le moins explosives !

« La guerre des monnaies » est avant tout une somme impressionnante de références incontournables. Au fil des chapitres, l’auteur nous fait découvrir beaucoup d’auteurs essentiels, peu connus en France ou jamais traduits en français. Il résume magistralement les passages essentiels de leurs oeuvres qui appuient cette thèse d’un complot international. Le lecteur découvrira non seulement les écrits de Frédéric Morton, Des Griffin, Ron Chernow, William Engdhal et beaucoup d’autres, mais aussi l’oeuvre incontournable de Ferdinand Lips, cofondateur de la Banque Rothschild à Zurich, La Guerre de l’Or. Bien sûr, Eustace Mullins et Les secrets de la Réserve Fédérale, y tient une place importante. Mais Song Hongbing ne se contente pas de reprendre les grandes lignes de ces auteurs indispensables, il décrypte également les écrits de Henry Kissinger ou de George Soros, deux acteurs incontournables des crises majeures, qui dans le déclenchement de la guerre du Vietnam ou qui dans la spéculation monétaire qui a balayé l’Est asiatique en 1997.

L’ouvrage se termine en forme de recommandation aux autorités chinoises et trace les grandes lignes que la Chine devrait adopter pour établir sa monnaie nationale, le renminbi, comme future devise de réserve mondiale. Il semble que sept ans après la parution de ce premier volet de la Guerre des Monnaies, Song Hongbing ait été entendu, puisque la Chine n’a cessé depuis d’accumuler des réserves d’or – elle est aujourd’hui classée cinquième, après la France et devant la Suisse, avec 1054 tonnes d’or.

En mars 2013, la Chine s’annonçait prête à riposter en cas de « guerre des monnaies »...

(1) Voir L’effondrement des sociétés complexes, de Joseph Tainter (Le Retour aux Sources, 2013).


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